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le médecin qui aida la CIA à traquer Ben Laden est toujours à l’isolement

Cinq ans après son arrestation, le médecin pakistanais Shakil Afridi, qui aida la CIA à localiser Oussama Ben Laden, est toujours en prison. Selon ses proches, il est victime de manœuvres diplomatiques entre Washington et Islamabad.

Dans la nuit du 1er au 2 mai 2011, les forces spéciales américaines prenaient d’assaut la résidence d’Oussama Ben Laden au Pakistan, à une cinquantaine de kilomètres au nord d’Islamabad, dans la ville d’Abbottabad. Au cours de cette opération, le fondateur d’Al-Qaïda a été tué par le commando.

Un médecin pakistanais, Shakil Afridi, avait alors aidé la CIA à localiser Oussama Ben Laden en organisant une fausse campagne de vaccination contre l’hépatite C, qui avait servi de couverture pour confirmer la présence du redouté chef d’Al-Qaïda.

« Shakil est devenu un bouc émissaire »

Mais depuis ce raid américain, Shakil Afridi se trouve en cellule. Le médecin a été arrêté peu après peu la mort de Ben Laden par les autorités pakistanaises, accusé d’avoir des liens avec des extrémistes. Il a été condamné à une peine de 33 ans de prison, réduite par la suite à 23 ans.

Depuis, la procédure est enlisée. Un procès en appel, débuté en 2014, a été ajourné des dizaines de fois. Plusieurs groupes de défense des droits de l’Homme ont tiré la sonnette d’alarme, exigeant un procès transparent. « Shakil est devenu un bouc émissaire », estime ainsi un militant des droits de l’Homme, Zar Ali Khan Afridi, sans lien de parenté avec le médecin. « Il a été impliqué dans un cas qui n’a rien à voir » avec son affaire, estime-t-il.

Selon son avocat, Qamar Nadeem, qui n’a plus accès à son client depuis deux ans, le docteur est détenu à l’isolement dans une petite pièce et malgré cette précaution, sa vie reste menacée par les Taliban. « Je n’ai aucun espoir de le voir, je n’attends plus rien de la justice », se lamente Jamil Afridi, son frère aîné, qui estime qu’il est victime de manœuvres diplomatiques entre Washington et Islamabad. Pour Me Nadeem, son client ne peut guère espérer se tirer d’affaire sans pression des États-Unis. « Mais jusqu’ici ils n’ont pas fait preuve de soutien », regrette-t-il.

Trump le libérerait « en deux minutes »

En 2012, un comité du Sénat américain avait pourtant symboliquement voté une réduction de 33 millions de dollars de l’aide américaine accordée à Islamabad, soit un million par année de prison infligée au Dr Afridi dans la première sentence. Mais la pression américaine s’est depuis étiolée à mesure que se resserraient les liens avec Islamabad et que d’autres dossiers sensibles surgissaient, selon des experts.

La situation de Shakil Afridi a cependant ressurgi au cours de la campagne pour l’élection présidentielle américaine. Le favori des primaires républicaines Donald Trump a déclaré vendredi dernier sur la chaîne Fox News que s’il était élu il ferait libérer Shakil Afridi « en deux minutes ». Cette déclaration a été vivement critiquée par le Pakistan. « Contrairement aux idées fausses de Monsieur Trump, le Pakistan n’est pas une colonie des États-Unis », a ainsi réagi le ministre de l’intérieur Chaudhry Nisar Ali Khan. Le sort du docteur sera décidé « par la justice et le gouvernement pakistanais et non par Donald Trump, même s’il devient président », a-t-il ajouté.

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