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ETATS UNIS: Obama s’apprête à expulser des clandestins

FLASHACTU.INFO-Le président Barack Obama est favorable à une régularisation des clandestins. Mais dans la perspective de la présidentielle, il ne veut pas prêter le flanc aux républicains et à Donald Trump, dont le discours anti-immigration fait mouche auprès d’une frange de l’électorat.

On a rarement vu une telle levée de boucliers contre la Maison-Blanche. Le gouvernement de Barack Obama est sur le point de mener une vaste opération d’expulsions de clandestins d’une durée de 30 jours entre mai et juin. Devant une forte hausse de l’immigration illégale aux États-Unis au cours des derniers mois, elle entend envoyer un message fort pour dissuader les migrants potentiels d’Amérique centrale. Les raids menés par les agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) viseront les clandestins ayant franchi la frontière après le 1er janvier 2014 et dont l’asile leur a été refusé. Il s’agit avant tout de femmes avec enfants même si des jeunes clandestins âgés de plus de dix-huit ans, mineurs lors de leur entrée aux États-Unis, sont aussi dans le collimateur.

Les candidats démocrates à la Maison-Blanche, Bernie Sanders et Hillary Clinton, ont critiqué vertement le projet de l’administration, le premier le jugeant « inhumain », la seconde estimant qu’il est « de trop grande ampleur ». Présidente du conseil législatif de la ville de New York, Melissa Mark-Viverito rappelle que la venue des immigrants illégaux a une cause essentielle : la violence endémique qui perdure dans des pays comme le Honduras, le Salvador et le Guatemala. De nombreux élus démocrates du Congrès sont aussi furieux. Barack Obama n’a pas l’habitude de se mettre à dos son propre camp. Mais les critiques ne sont pas nouvelles. En 2014, Janet Murguia, présidente du National Council of La Raza, une organisation hispanique de défense des droits civiques, avait qualifié Barack Obama d’« expulseur en chef ». Quelle est dès lors la logique de tels raids ?

Si on peut accuser le président démocrate d’avoir tardé à empoigner le dossier de la réforme de l’immigration en raison de la crise financière avec laquelle il était aux prises lors son premier mandat, on peut difficilement lui reprocher d’avoir embouché les trompettes xénophobes du candidat républicain à la présidence Donald Trump. En 2012, grâce au Dream Act, Barack Obama a permis aux enfants de clandestins de moins de 16 ans avant leur arrivée de prolonger leur séjour sur le sol américain, notamment pour achever leurs études. À la fin 2014, devant l’incapacité du Congrès de mener à bien une réforme de l’immigration visant à réparer un système « cassé », il a signé un décret présidentiel controversé pour surseoir à l’expulsion de plus de quatre millions de clandestins sur les onze qui vivent sur sol américain. Les républicains ont dénoncé ce qu’ils perçoivent comme une « amnistie ». Attaqué en justice par le Texas, le décret est examiné par la Cour suprême censée livrer sa décision cet été.

Regain de l’immigration illégale

Plusieurs facteurs ont poussé l’administration à aller de l’avant. Après une brève accalmie, l’immigration illégale a repris de plus belle. D’octobre 2015 à mars 2016, l’arrestation de familles franchissant illégalement la frontière américano-mexicaine a augmenté de 131 % par rapport à l’année précédente. Du 1er octobre 2015 au 31 juillet 2015, 73 000 enfants (74 %) non accompagnés arrêtés à la frontière provenaient du Honduras, du Salvador et du Guatemala. La crise de l’immigration d’enfants non accompagnés de l’été 2014, que les républicains avaient largement exploitée pour fustiger la Maison-Blanche, a visiblement laissé des traces. Barack Obama est convaincu par la nécessité de réformer le système. Mais il ne souhaite pas prêter le flanc aux républicains en pleine campagne présidentielle, surtout face à un Donald Trump dont le discours anti-immigration a formaté toutes les primaires.

La Maison-Blanche pratique visiblement de la realpolitik, considérant l’opération à venir comme un mal nécessaire. C’est cette même peur de l’adversaire républicain qui l’a poussée à une extrême prudence quand il s’est agi d’accueillir des réfugiés syriens. L’administration avait promis d’en accueillir près de 10 000. Elle n’en a pour l’heure reçus que 1285. Il n’est cependant pas impossible que cette prudence satisfasse Hillary Clinton. La dernière chose que l’ex-secrétaire d’État souhaite est d’être aux prises avec une crise migratoire à l’approche de la présidentielle du 8 novembre face à un Donald Trump qui promet toujours d’expulser onze millions de clandestins et de construire un mur entre le Mexique et les États-Unis. Or, a enquêté l’organisation American Action Forum, une telle mesure coûterait à l’État fédéral entre 400 et 600 milliards de dollars. L’économie privée, qui emploie 6,8 millions de clandestins, subirait des pertes substantielles. Le produit intérieur brut américain pourrait perdre jusqu’à 1000 milliards de dollars.

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