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Croissance économique : Le privé sénégalais à l’étroit

FLASHACTU.INFO-Encore une fois, le secteur privé national a exprimé son mal être devant le ministre de l’Economie, des finances et du plan. Ce dernier qui a initié une rencontre hier a recueilli un chapelet de doléances. Mais la charge initiale est venue du président du Conseil national du patronat (Cnp), Baïdy Agne, porte-parole des organisations patronales. «D’une part, le Sénégal ne peut se construire sans son secteur privé, d’autre part, notre pays se doit d’avoir une vision stratégique et ambitieuse à même de renforcer notre souveraineté économique», commence M. Agne. Il poursuit en remettant en question les conditions dans lesquelles certains financements sont octroyés au Sénégal. «Nous savons que l’entreprise chinoise dit nous prêter de l’argent avec ses Eximbank. Mais ils nous imposent ensuite des entreprises pour la réalisation.

Et on peut même se poser la question, est-ce que nous devons continuer à prendre l’argent de pays comme la Chine qui réalisent des infrastructures ? Etant sans concurrence, si un marché peut être évalué à 250 milliards, ils peuvent dire que c’est 400 milliards. Auquel cas, nous devons réfléchir sur toute la problématique de l’aide. Si on nous dit que c’est un taux concessionnel de 2% et que moi je le réalise à 100% plus cher, ça veut dire qu’au final, nous ne payons pas 2%, nous payons peut-être 35%», indique M. Agne. Il embraie en invitant les autorités à instaurer une discrimination positive dans les systèmes de passation de marchés publics et les contrats de Partenariat public-privé (Ppp) en faveur de l’entreprise à capitaux majoritairement nationaux. «La réforme que nous demandions d’une façon permanente, c’est de modifier le Code des marchés pour une redéfinition de l’entreprise sénégalaise. Nous pensons que l’entreprise sénégalaise, c’est une entreprise à capitaux majoritairement sénégalais.» Il donne ainsi l’exemple du Budget consolidé d’investissement (Bci) qui met quelque 1 600 milliards de francs Cfa d’opportunité à la disposition du privé. Mais là où le bât blesse, indique M. Agne, c’est «quand on considère que Henan Chine est une entreprise sénégalaise».
Antoine Ngom, le patron de l’Organisation des professionnels des technologies de l’information et de la communication (Optic), adopte une attitude plus tranchée. Selon M. Ngom, l’exemple du système Gaïndé de la douane montre à suffisance que l’expertise sénégalaise est capable de prendre en charge certaines demandes. Or, l’Etat a préféré faire appel à une entreprise malaisienne pour la confection de cartes d’identité numériques tout comme il l’a déjà fait pour les visas biométriques et les passeports qui sont plus simples à réaliser. «Il est temps de faire confiance à l’expertise sénégalaise», dit-il. «Quand une entreprise nationale fait des propositions, on va chercher d’autres gens sans compétition», ajoute M. Agne qui rapporte même une anecdote rigolote. Selon lui, maintes fois, on lui a conseillé de prendre un avion, de faire le tour du Sénégal et de revenir se présenter comme investisseur étranger pour avoir meilleure fortune avec les marchés nationaux. Babacar Ndiaye enfonce le clou en indiquant que «les entreprises sénégalaises ont des poids aux pieds» et ne peuvent grandir devant ce qui ressemble à un accaparement de certains secteurs comme l’eau ou les routes qui sont entre les mains des entreprises étrangères, dit-il. La liste est longue et les complaintes nombreuses.

Les freins de Amadou Ba
La réponse du ministre de l’Economie, des finances et du plan est pourtant sans appel. «On ne peut pas fermer nos frontières aux autres et vouloir concourir à des appels d’offres à l’étranger. Ce n’est pas conforme à notre position dans le monde», répond M. Amadou Ba. Il est appuyé par le directeur général des Finances. Selon Moustapha Ba, 251 conventions de financement ont été signées depuis 2012. Sur ces conventions, seules 22 concernaient l’Aide publique au développement (Apd). «77% des financements sont de l’aide déliée» dit-il, rejetant ainsi toute idée selon laquelle les pays qui financent imposent leurs entreprises. Toutefois, le ministre de l’Economie promet de faire tout son possible pour «que le secteur privé soit dans de meilleures conditions de performance».

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