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Biens mal acquis : le fils du président de Guinée équatoriale renvoyé devant la justice française

FLASHACTU.INFO-Accusé de s’être illégalement bâti un immense patrimoine immobilier en France, Teodorin Obiang, le fils du président équato-guinéen, a été renvoyé en correctionnelle, lundi, ouvrant la voie au premier procès français des biens mal acquis.

Teodorin Obiang, le fils du président de Guinée équatoriale, accusé de s’être frauduleusement bâti un patrimoine considérable en France, a été renvoyé en correctionnelle, a appris l’AFP, mercredi 7 septembre, ouvrant la voie au premier procès français des biens mal acquis.

L’instruction a permis d’établir qu’il avait acquis « en France, entre 2007 et 2011, soit directement, soit par l’intermédiaire de prête-noms ou sociétés écrans, un patrimoine mobilier et immobilier évalué à plusieurs dizaines de millions d’euros », relèvent les juges dans leur ordonnance rendue lundi 5 septembre, selon une source proche du dossier. L’accusé s’est constitué ce patrimoine alors qu’il occupait le poste de ministre de l’agriculture et des forêts.

Promu fin juin vice-président de Guinée équatoriale par son père Teodoro Obiang Nguema, il sera jugé par le tribunal correctionnel de Paris pour blanchiment d’abus de biens sociaux, de détournement de fonds publics, d’abus de confiance et de corruption. La date du procès n’a pas encore été fixée.

« La France va accueillir le premier procès sur les biens mal acquis », s’est félicité William Bourdon, avocat de l’ONG Transparency International France  et président de Sherpa, deux associations à l’origine des poursuites. « C’est le résultat d’une traque judiciaire finalement assez brève qu’aucun des nombreux recours n’a ni ralentie, ni empêchée », a-t-il ajouté.

Hôtel particulier, Rolls-Royce, Bugatti…

Le patrimoine d’Obiang, constitué d’un hôtel particulier de 4 000 m2 dans le très chic XVIe arrondissement de Paris, de Rolls-Royce, de Bugatti, d’œuvres d’art de la collection Yves Saint Laurent-Pierre Bergé… provient de l’argent « de la corruption » et « des détournements de fonds publics » dans son pays, ont ajouté les juges, suivant les réquisitions du parquet national financier (PNF) qui avait demandé en mai son renvoi devant un tribunal.

Ses dépenses somptuaires en France sont très éloignées du quotidien du petit pays d’Afrique centrale dirigé d’une main de fer depuis 1979 par son père, où plus de la moitié des habitants vivent sous le seuil de pauvreté.

Sollicité, son avocat Emmanuel Marsigny n’a pas souhaité faire de commentaire.

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