ici c'est
Accueil > societe > RÉVISION DU CODE DE LA PRESSE LES ACTEURS EN SÉMINAIRE DEPUIS HIER A SALY

RÉVISION DU CODE DE LA PRESSE LES ACTEURS EN SÉMINAIRE DEPUIS HIER A SALY

FLASHACTU.INFO-Le ministre de la Culture et de la Communication a présidé hier, jeudi 22 septembre à Saly, un séminaire sur la révision du projet du code de la presse. La rencontre qui a réuni des professionnels de l’information, des juristes, des anciens ministres de Communication a pour but de trouver un consensus surtout sur la dépénalisation du délit de la presse qui avait bloqué le vote du code déjà adopté depuis 2010.

Depuis hier, jeudi 22 septembre, des juristes, des experts, des journalistes, des anciens ministres de communication se réunissent pour trouver un consensus autour du projet du code de la presse.

Adopté depuis 2010, le seul hic qui avait empêché son vote à l’Assemblée nationale, était la dépénalisation du délit de la presse. Selon le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye qui présidait la cérémonie d’ouverture du séminaire devant prendre fin demain samedi «pour la première fois, l’ensemble des activités des médias se mènera sous l’empire d’un texte unique appelé Code de la presse, qui regroupe tous les textes applicables aux acteurs, aux activités, aux organes, de régulation, au financement des médias, aux nouveaux médias principalement ceux en ligne».

Par ailleurs, tous les participants ont salué l’initiative du ministère de  proposer une concertation avec les acteurs de la profession pour voir quels sont les facteurs qui bloquent.

Quant au président du Conseil des diffuseurs et éditeurs de la presse (Cdeps), Mamadou Ibra Kane, il a indiqué que l’accent ne devrait surtout pas être mis sur la dépénalisation des délits de la presse. «C’est fausser le débat que de le poser en terme de dépénalisation. Il n’y a pas de dépénalisation, il y’a eu des sanctions pécuniaires».
Cependant, M. Kane reste convaincu que les soubassements d’une bonne conduite dans la presse sont  «l’accès à la profession qui doit être réglementé pour qu’il y ait des barrages car, n’importe qui ne peut pas être journaliste. Il n’existe pas dans l’arsenal juridique le concept d’entreprise de presse. Il fallait le créer et donner les moyens pour créer un environnement favorable et enfin dé-prisonnaliser».

Toutefois, certaines personnes n’ont pas manqué à se plaindre ne pas être impliquées à temps dans le dossier. Ce que le président du Comité scientifique, Cheikh Bamba Niang qui soutient «qu’il y a eu un retard dans la distribution du document fondamentalement», mais il a tenu à préciser que la rencontre a pour objectif de permettre à chacun de donner son point de vue.

Le processus du code de la presse qui a «assez trainé» devrait donc être adapté à l’avènement du numérique. La rencontre de concertations devra donc permettre de faire revivre le processus du code, de reprendre les discussions sur le code resté trop longtemps dans les tiroirs. Autrement dit, procéder à une relecture. Tous les participants espèrent trouver un consensus au cours du séminaire qui prend fin ce samedi pour que le code soit dès ce lundi déposé sur la table de l’Assemblée nationale.

REACTIONS… REACTIONS…

MOUSTAPHA DIAKHATE, DEPUTE A L’ASSEMBLEE NATIONALE : «Le Sénégal aura un bon code de la presse»
«Je salue l’initiative qui est une occasion pour une relecture, une réécriture du code de la presse. Nous restons toujours dans les objectifs de doter le Sénégal d’une loi forte qui puisse garantir à notre pays une presse de qualité en termes de journaliste, d’entreprise de presse mais aussi de liberté d’expression. Je suis venu avec une attente forte qu’à l’issue de cet atelier, le Sénégal aura un bon code de la presse. Notre pays le mérite, la qualité de notre démocratie le mérite et la presse sénégalaise aussi le mérite. Je suis extrêmement optimiste parce que le point de friction qui était dans le code et qui avait empêché la 11ème législative d’adopter ce code est en train d’être réglé à savoir la dépénalisation. Je reste convaincu qu’on a un excellent code».

IBRAHIMA LISSA FAYE, PRESIDENT DE APPEL : «Regretter juste la méthode peu cavalière du ministre»
«C’est une bonne initiative parce qu’il fallait qu’il y ait cette rencontre autour du code de la presse pour qu’on arrive à avancer et fixer les fondamentaux de ce métier-là. Ce qu’il faut regretter, c’est la méthode un peu cavalière du ministère qui a convoqué les gens et on vient découvrir ici la dernière mouture du code. Il y a que des juristes qui ont travaillé là-dessus. Les organisations de la presse n’ont pas été impliquées. Ce qui fait qu’il y a beaucoup de dispositions qui sont nouvelles ou plus répressives. Ce qu’on veut, c’est qu’on mette tout sur le plancher et qu’on discute de tout et qu’on essaie de trouver le consensus le plus large pour un code meilleur et crédible».

MOUSSA SOW, PRESIDENT DE L’UNION NATIONALE DES PHOTOJOURNALISTES : «Nous donner notre statut dans le code»
«C’est une bonne initiative étant donné que ça vient de l’Etat. Ce qui est rare. Nous tous, nous avons intérêt à ce que ça puisse aboutir enfin parce que c’est un code qui a eu à avoir beaucoup de discussions. Les gens ont en parlé, aujourd’hui si nous tous, sommes animés de bonne foi, je pense qu’on peut sortir d’ici avec quelque chose de concret. Nous photographes, nous sommes les plus exposés ; et, vu tous ces dangers que nous affrontons pour au moins informer les gens, il est grand temps qu’on puisse nous donner notre statut dans le code».

MAMADOU THIOR, CHARGE DE LA COMMUNICATION (CORED) : «Il nous faudrait un texte consensuel»
«Il faut d’abord saluer cette initiative parce qu’on est resté six ans depuis que le projet de code de la presse consensuel a été déposé à l’Assemblée nationale. Et depuis six ans, rien a bougé. Donc, il était temps de se bouger et puis de reprendre le texte s’il le faut parce qu’on ne peut pas laisser la situation en l’état. On ne peut pas laisser la presse sans aucune législation. Il nous faudrait un texte consensuel qu’on va amener à l’Assemblée nationale pour faire comprendre aux députés les enjeux du moment et les amener à voter le projet de code de la presse».

MOUSTAPHA GUIRASSY, ANCIEN MINISTRE DE LA COMMUNICATION : «J’étais malheureux de constater que ça piétinait»
«D’abord, je voudrais saluer l’initiative qui a été prise par le ministre de la communication d’associer d’anciens ministres de la communication à ces travaux de réflexion. C’est une belle initiative qui va dans le sens de mobiliser le capital humain, cette richesse-là que le Sénégal a, qui fait la fierté de notre pays. Par rapport au code de la presse, j’étais malheureux de constater depuis quelques années, ça piétinait. J’espère le lundi prochain, on pourra déposer dans les circuits parlementaires un nouveau code de la presse, amélioré, relu et révisé pour qu’enfin les députés puissent le voter. Je fais remarquer simplement que la seule difficulté que nous avons rencontrée, c’était au niveau du parlement, des députés et qu’il s’agisse certainement de faire comprendre à ces députés les enjeux, les urgences mais la question de la dépénalisation était un point parmi tant d’autres. Il y avait énormément d’aspects qui étaient pris en compte dans le code malheureusement, il y a eu une orientation donnée au débat et qui fait que ce blocage du côté des parlementaires n’est permis le vote».

IBRAHIMA KHALILOULAYE NDIAYE, SG DU SYNPICS : «Ce que nous regrettons…»
«Mieux veut tard que jamais ! L’initiative a été prise par le ministère de la communication. Le Synpics avait rencontré le président de la République qui avait manifesté sa volonté de faire en sorte que le projet puisse être adopté dans le plus bref délai. Il s’est trouvé que le ministère a repris le texte pour l’adapter aux réalités actuelles et partant des limites que le texte a décelées. On est  venu répondre à l’invitation des autorités, mais nous regrettons que la documentation n’ait pas été mise à la disposition des participants comme cela devait se faire. Toutefois, nous sommes dans une belle dynamique de faire en sorte de parvenir à des consensus. Les journalistes ne sont pas là pour dire qu’ils sont des citoyens à part entière. Je pense qu’il faudrait que les gens ramènent les choses à leurs disproportions. Si les gens avaient intégré la question dite de la dépénalisation que certains considèrent comme l’épine dorsale du problème, c’est parce que ce n’était pas simplement une demande sénégalaise. Mais c’était une annonce mondiale qui résultait d’une déclaration de l’ONU.
Au vu du nouveau texte proposé, il se trouve qu’il y’a la question de la dépénalisation qui a été enlevée mais nous, nous demandons qu’on puisse contrebalancer cette volonté du gouvernement et de ne pas dépénaliser par un autre regard beaucoup plus critique, des sanctions qui prévalaient dans l’ancien texte. Personne n’a le monopole de vérité. Cette question de dépénalisation n’est pas plus pertinente que d’autres dispositions prises dans le texte. Si on l’enlève, il faut voir d’autres questions comme la question financière, la question d’intégration de secteur, etc.»

AVEC SUDQUOTIDIEN

Laisser un commentaire

Top