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Armes de petit calibre : 100 à 150 millions d’unités en circulation en Afrique

FLASHACTU.INFO-La circulation des armes de petit calibre, un véritable casse-tête pour la stabilité du monde et de l’Afrique. Selon Marc Finaud, conseiller principal du programme Nouveaux défis de sécurité, actuellement à Dakar pour les besoins d’une formation en développement des capacités pour une mise en œuvre efficace du traité sur le commerce des armes. Plus de 800 millions d’armes sont en circulation dans le monde dont 100 à 150 millions en Afrique. Une situation dangereuse qui menace la sécurité du continent, surtout dans un contexte marqué par le terrorisme et les conflits armés.

Dans le monde, on estime entre 800 millions et 1 milliard le nombre d’armes de petit calibre en circulation. Evidemment, précise Marc Finaud, conseiller principal du programme Nouveaux défis de sécurité, ce ne sont pas des volumes énormes par rapport aux ventes d’armes lourdes mais les armes légères de petit calibre ont tendance à proliférer et à aboutir entre les mains des groupes armés, terroristes ou criminels qui peuvent causer des dommages aux populations civiles. Le plus inquiétant est que les «2/3 de ces armes sont entre les mains des privés et c’est seulement les 1/3, qui sont sous le contrôle des forces armées et de la police. L’Afrique n’est pas en reste dans cette pagaille. Dans le continent, le nombre d’armes en circulation se situe entre 100 millions et 150 millions», ajoute l’expert. Sans compter la production artisanale des armes et des munitions. A cet effet, il faut savoir qu’on produit chaque année, «14 milliards de munitions, des balles de revolver aux  grenades, de quoi tuer la population mondiale deux fois», se désole M. Finaud.
Mais comment est-ce que ces armes atterrissent-elles en Afrique ? Expliquant les détails, Marc Finaud indique qu’au départ, la plupart des ventes d’armes sur le continent sont pourtant licites et se font entre gouvernants. Le problème, révèle-t-il, est que  80% de ces ventes d’armes se retrouvent sur les marchés illicites. «Elles sont détournées, volées, transférées par des intermédiaires corrompus et elles se retrouvent dans des zones de conflits ou entre les mains des groupes terroristes», raconte M. Finaud.
Il faut donc combattre ce phénomène dangereux pour la sécurité du monde et de l’Afrique. Surtout, rappelle-t-il, qu’on est dans un contexte où les groupes terroristes et les conflits armés foisonnent dans la sous-région. Pour l’expert, la coopération de tous les pays concernés est plus que nécessaire. Car indique-t-il, les gouvernements seuls ne peuvent pas lutter, il faut que la Société civile, les importateurs, les industriels et les entreprises tous s’y mettent pour lutter contre ce fléau.
Au Sénégal, la lutte a commencé. Car de l’avis du directeur de cabinet du ministre des Forces armées, notre pays, en plus de ratifier le Traité sur le commerce des armes, a déjà mis en place un processus de marquage pour une traçabilité des armes. «Ceci va permettre aux autorités de quantifier le nombre d’armes en circulation et de mieux veiller au contrôle de ces armes», indique Demba Diouf.
D’où l’urgence de cette formation initiée par le Centre de Genève pour la politique de sécurité, qui est une fondation internationale dont le Sénégal est membre. Ce centre organise en ce moment, une session de formation sur les aspects de la sécurité à l’égard des fonctionnaires civiles et militaires à l’application du Traité sur le commerce des armes pour réglementer ce commerce et lutter contre  le commerce illicite et le trafic d’armes.
Durant 5 jours, les participants vont  se frotter à ce traité dont l’objectif principal est de fixer des normes pour le commerce international d’armes. «C’est-à-dire faire en sorte que les exportateurs soient responsables et ne vendent pas des armes quand ils savent que celles-ci  vont être utilisées pour commettre des crimes de guerre, crimes contre l’humanité ou de violations des droits humains», alerte Finaud. Un des objectifs de ce traité est aussi de favoriser la Coopération internationale dans la lutte contre la prolifération et le commerce illicite et le détournement des armes.

Les dépenses militaires dans le monde estimées à 1700 milliards dollars

Les dépenses militaires dans le monde sont estimées à 1700 milliards de dollars et représentent 2,6% du Pnb mondial. Dans ces dépenses militaires, il y a des différences selon les pays mais la part du lion revient aux Etats-Unis. Le top cinq des pays est constitué des Etats-Unis, de la Chine, l’Arabie Saoudite, la Russie et la France. A eux seuls, ils concentrent 65% des dépenses mondiales. 9% des livraisons reviennent à l’Afrique, selon les chiffres d’Amnesty international cité par Marc Finaud. Entre 2010 et 2014, Algérie, Maroc et l’Egypte étaient les principaux importateurs d’armes. Des armes venues principalement de la Chine, de l’Ukraine et de la Russie.
Au plan mondial, le volume des armes lourdes continue d’augmenter de manière régulière à à peu près 3% par an. Les principaux exportateurs sont les Etats-Unis et la Russie (58%). les principaux importateurs demeurent l’Asie et le Moyen-Orient.
Quant à l’Afrique, ses importations ont augmenté de 19%.

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