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Gambie«La première erreur du Président Adama Barrow»MAMMAH KANDEH, 3eme A LA PRÉSIDENTIELLE

FLASHACTU.INFO-MAMMAH KANDEH, ARRIVÉ 3e A LA PRÉSIDENTIELLE

«La première erreur du Président Adama Barrow, c’est….. »

Candidat arrivé 3e à la récente élection présidentielle, le leader du parti Gambia Democratic Congress (GDC), Mammah Kandeh livre son opinion sur le scrutin, les prochaines élections législatives et les priorités du prochain gouvernement. Dans cet entretien accordé à «L’AS», ce comptable de profession dénonce les actes de vandalisme dont sont victimes des responsables du régime du Président sortant Yaya Jammeh et des magistrats. Pour l’enfant de Saré Biram, village situé dans le Sofaniama, et ancien député, la première erreur du nouveau président c’est d’avoir annoncé des audits et exprimé sa volonté d’écarter tous ceux qui ont travaillé avec le Président Jammeh.

On vous soupçonne d’être un candidat pantin du président Yaya Jammeh pour avoir servi pendant dix ans dans son régime. Qu’en est-il ?

Nos adversaires politiques ont distillé cette information pour saper ma campagne électorale. C’est le seul argument qu’ils avaient pour décourager mes militants et sympathisants et me mettre en mal avec la population. Ils savent bien que je ne suis pas un candidat pantin.

Le nouveau Président Adama Barrow a exprimé sa volonté d’écarter tous ceux qui ont eu à travailler avec Jammeh. Quelle est votre appréciation ?

Les populations se sont levées pour lui barrer la route. Contrairement à Jammeh en 1994 qui avait renversé le Président Diawara, nous avons obtenu l’alternance sans armes et bavures. C’est une victoire du peuple, de la Sénégambie, de la Cedeao, de l’Union africaine parce que le monde entier avait les yeux rivés sur la Gambie. C’est aussi une victoire du régime sortant.

Mais lorsqu’un Président nouvellement élu dit qu’il ne travaillera pas avec tous ceux qui ont travaillé avec le Président sortant Yaya Jammeh, alors tu ne sauras pas par où commencer. Après le coup d’Etat de 1994, si le Président Jammeh avait dit qu’il ne gouvernerait pas avec ceux qui ont accompagné le Président Daouda Diawara qui a dirigé le pays pendant trente ans, je me demande avec qui il allait travailler. Donc, si le Président Barrow écarte tous ceux qui ont eu à travailler avec Jammeh, il ne travaillera avec personne.

Dans le protocole d’accord de la coalition victorieuse à la présidentielle, il s’agit d’assurer une période de transition de trois années pour organiser de nouvelles élections. Durant la transition, ils doivent s’atteler à modifier la Constitution de sorte que tous les Gambiens s’y retrouvent avant d’organiser de nouvelles élections. Je demande au Président Barrow d’inviter tous les Gambiens à travailler avec lui.

Donc, vous êtes prêts à entrer dans le futur gouvernement si le Président Barrow vous appelle…

Oui parce que je suis le premier à appeler à un gouvernement élargi avant même que la coalition n’y pense, avant même la campagne présidentielle. Chaque parti a un programme, alors si nous faisons le tri de ces différents programmes, on en sortira un excellent. Si aujourd’hui, ils m’invitent à travailler avec eux, je suis partant. Si je refuse, c’est comme si je ne crois pas en ce que je prônais. Je suis prêt à travailler avec la coalition. Mon souhait est que le parti de Jammeh APRC, soit associé dans la gestion parce que ce sont des Gambiens. Aujourd’hui, Adama Barrow n’est pas le Président de la coalition, mais de tous les Gambiens. Donc, il doit travailler avec tout le monde même ses adversaires politiques.

Déjà, le président Adama Barrow commence à menacer le régime sortant en promettant de les auditer. Vous ne craignez pas un règlement de comptes ?

C’est encore prématuré de menacer d’auditer la gestion du président Yaya Jammeh, alors qu’il n’a pas encore pris fonction. C’est la première erreur qu’il a commise alors qu’ils sont nombreux les militants et responsables du parti de Jammeh qui ont voté en faveur de la coalition. Ce qui est attendu de Barrow, c’est de réunir le peuple gambien, d’installer la démocratie. Ceux qui ont travaillé avec le Président Jammeh ont aussi leurs droits dans ce pays. De mon point de vue, ils ne doivent pas être laissés en rade.

Est-ce que la coalition présidentielle a un avenir ?

La coalition va bientôt disparaitre. Elle avait un objectif bien déterminé, notamment débouter le régime en place. Ils vont gouverner ensemble, mais chacun va s’occuper de son parti parce que les élections législatives arrivent dans deux mois. Notre parti est déjà sur la ligne de départ pour les législatives. Ça me surprendrait que la coalition présidentielle résiste aux législatives.

Vous ne craignez pas un report des législatives qui doivent se tenir dans deux mois ?

Les élections législatives doivent se tenir à date échue même si elles doivent se tenir dans deux mois. L’arrivée d’une nouvelle équipe gouvernementale ne doit pas servir de prétexte pour renvoyer les législatives. Elles sont prévues par la Constitution. Ils ne doivent même pas penser à un report des élections législatives.

Des responsables du régime sortant de Jammeh sont aujourd’hui la cible des militants de la coalition victorieuse. Ne sont-ils pas en train de mettre de l’huile sur le feu ?

J’en ai entendu parler et j’ai fait un communiqué de presse pour condamner ces actes. Je pense que les militants ont intérêt à arrêter ces actes de vandalisme pour la stabilité du pays. Ils doivent plutôt remercier le peuple. Si nous sommes battus pour l’instauration de la démocratie et le respect des droits humains, je pense que nous devons poser des actes allant dans ce sens. Chacun est libre de militer dans le parti qu’il veut. Nous dénonçons les actes de violences physique et verbale qui attisent le feu. Nous demandons aux militants qui s’adonnent à ces actes de violences d’arrêter.

Même des magistrats en sont victimes…

J’ai entendu également que des magistrats ont fui pour se réfugier dans les ambassades pour échapper aux violences. Je veux dire que le Président Jammeh nous a ouvert la porte de la paix et de la démocratie parce que nous n’avons jamais pensé qu’il accepterait sa défaite. Nous ne devons donc pas laisser filer cette chance. S’attaquer à des individus, c’est ouvrir la porte à l’instabilité. On doit rester calmes, sereins et voir comment faire avancer ce pays.

On n’a pas entendu le Président Adama Barrow, appeler ses militants à arrêter cette violence. Ne devrait-il pas le faire ?

Le Président devrait faire une sortie pour appeler les militants au calme. En tout cas, je suis en contact avec les deux parties pour la paix et la stabilité du pays.

Partagez-vous les mêmes craintes que beaucoup de Gambiens, à savoir un forcing du président Jammeh ?

Il ne faut pas verser dans des supputations. Le président Jammeh a reconnu sa défaite, donc attendons qu’il pose un acte contraire à ce qu’il dit. Je considère la reconnaissance de sa défaite comme un acte de patriotisme. Il a surpris tout le monde.

Quelles doivent être les priorités du prochain gouvernement ?

C’est d’abord d’unifier le peuple gambien, d’améliorer la Constitution, d’ouvrir la porte aux investisseurs, de raffermir les relations entre le Sénégal et la Gambie et de s’ouvrir au monde.

CIBLES DE VIOLENCES

Les autorités du régime de Jammeh et de magistrats Nigérians dans le viseur de jeunes

Si les nouvelles autorités gambiennes n’appellent pas leurs militants au calme, le pays peut basculer dan une violence dont les conséquences seront incommensurables. Ragaillardis par leur victoire contre le Président Yaya Jammeh, des militants de la coalition victorieuse se livrent à un règlement de comptes contre des dignitaires du défunt régime. Ces jeunes qui continuent de célébrer leur victoire, se permettent parfois d’aller caillasser les domiciles et les véhicules de responsables politiques et de magistrats. Les premiers à subir la violence ont vu les vitres de leurs véhicules cassées et les toits de leurs maisons endommagés. Il a fallu qu’ils alertent les forces de l’ordre pour voir leurs maisons sécurisées. Des militants sont postés devant les domiciles de ces autorités pour prévenir toute violence.

Des magistrats jugés proches du régime du Président Yaya Jammeh sont également dans le viseur de ces jeunes qui veulent venger leurs responsables qui ont été jugés et arrêtés par certains de ces magistrats. Selon nos sources, c’est la peau des magistrats, surtout Nigérians, que le Président Jammeh avait amenés en Gambie pour conduire les affaires judiciaires qu’on veut avoir. Il leur est reproché d’avoir toujours donné des verdicts favorables au régime de Jammeh. Un magistrat Nigérian qui a vu les vitres de son véhicule cassées, a eu la chance que rien ne soit arrivé aux membres de sa famille.

De folles rumeurs circulent selon lesquelles, beaucoup de magistrats ont quitté le pays et que d’autres se sont refugiés dans des ambassades.
ENTRETIEN AVEC LAS

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