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Fatou Jagne Senghor (Directrice régionale de ARTICLE 19) – ‘’Jammeh est un danger qui doit être rapidement isolé’’

FLASHACTU.INFO-Yayah Jammeh quittera le pouvoir, il n’a pas le choix parce que le peuple a décidé. C’est la conviction de la directrice régionale de Article 19. Fatou Jagne Senghor estime que la CDEAO non plus n’a pas d’autres choix que de faire respecter la décision du peuple, avec les armes si c’est la solution. Alors que certains se focalisent sur l’homme fort de Banjul, le droit-de-l’hommiste invite les gens à ne pas oublier les nombreuses victimes. Irritée par certaines prises de position, elle appelle les experts et analystes à laisser les Gambiens parler au lieu de s’exprimer à leur place.

 

Avec la médiation initiée par la CEDEAO, est-ce que vous pensez que Jammeh acceptera de quitter le pouvoir ?

Il n’a pas le choix en ce moment. Vous savez, le peuple s’est déjà prononcé de manière très claire. Le peuple a finalement tourné la page Jammeh et tend vers la démocratie. Depuis 22 ans, la Gambie était presque rayée de la carte. Après l’élection très difficile que le Président a organisé de bout en bout, ayant nommé toute la commission électorale, les questions des listes n’ayant pas fait de consensus général ; beaucoup d’observateurs pensaient que ces élections étaient une formalité. Mais comme on dit, quand le peuple est prêt, il est difficile de truquer. C’est ce qui s’est passé en Gambie. Le vote était très clair parce que le comptage se faisait sur le coup dans chaque bureau de vote. Donc on n’est pas devant un flou, une impasse. La CEDEAO ne peut que constater, le monde entier aussi. Aujourd’hui on parle de la CEDEAO des peuples et pas la CEDEAO qui soutient des dirigeants, surtout lorsque ce sont des dirigeants qui répriment leur peuple. Le sursaut de la CEDEAO et surtout le leadership du Sénégal sont à saluer.

Malgré tout, c’est Jammeh qui a le pouvoir

Bien sûr que c’est lui qui contrôle l’armée pour le moment. Vous savez, le peuple entier est contre lui. Vous allez être surpris, certains de ceux qui avaient voté pour lui, des gens qui sont proches de son gouvernement qui sont dans son entourage sont désolés en ce moment ; parce que vous pouvez soutenir quelqu’un, mais lorsque vous perdez les élections, la Nation doit s’unir autour de la personne qui a gagné. Le pourcentage n’est pas important. Quelqu’un a gagné, la nation doit s’unir vers la transition. Aujourd’hui, beaucoup de ses supporters sont déçus parce que les gens ne s’attendent pas à la crise, ne veulent pas le conflit. Et donc la CEDEAO a compris et les instruments vont être actionnés.

Une forte délégation de quatre chefs d’Etat se sont rendus en Gambie, ce n’est pas rien. C’est beaucoup et la composition en dit long. Hélène Johnson qui vient d’un pays dévasté par la guerre pendant des années sûrement a voulu montrer l’exemple d’autant plus qu’elle est aussi Présidente de la conférence des chefs d’Etat et du gouvernement. John Dramani Mahaman a fait un seul mandat, il a perdu et a accepté gracieusement. Buhari du Nigeria est arrivé au pouvoir grâce à une coalition. La Sierra Léone, n’en parlons pas, le même sort que le Liberia. C’est juste pour dire que cette délégation est importante pour essayer de persuader Jammeh qu’il y a une vie après la présidence. Mais que quand le peuple veut, on n’y peut rien. Nous sommes tous là par la volonté du peuple mais nous devons partir par la volonté du peuple. Ce message n’a malheureusement pas été compris.

Le message n’a pas été compris. A votre avis, quelle sera l’issue la plus probable de cette affaire ?

Tout le monde écoute la CEDEAO. Elle va sûrement dénouer la situation. La CEDEAO est soutenue par toutes les instances internationales, que ça soit le Conseil de sécurité, les autres pays africains, l’Union africaine dans son ensemble. Je pense qu’il y a unanimité cette fois-ci par rapport à la situation qui est grave et qui est impensable. Quelqu’un qui perd les élections de cette façon et qui revient après avoir accepté la défaite pour dire qu’il veut une nouvelle élection, que l’on change la commission électorale et qu’il veut aller au tribunal, c’est du jamais vu. C’est comme si on prenait le peuple en otage et ça, c’est inacceptable. Et personne ne va l’accepter, parce que c’est un précèdent très dangereux. Si on l’accepte et on fait le compromis, c’est aussi sacrifier les Gambiens qui ont déjà souffert.

La communauté internationale est consciente du danger que Jammeh pose et ce danger doit être rapidement isolé. Donc d’une façon ou d’une autre, ce sera lui donner un ultimatum de plus pour essayer de le persuader. Et nous espérons que d’ici demain ou dans les jours qui viennent, il va changer d’avis. S’il persiste, s’il refuse et veut mettre le pays en péril, c’est sûr que les autres options vont être actionnées. La CEDEAO  a déjà annoncé le ton. Nous espérons que l’on n’ira pas jusqu’à une confrontation qui n’est pas à l’avantage du peuple, mais vous savez que quand les dirigeants s’obstinent et qu’il y ait des mesures qui sont là, il va falloir les utiliser.

L’option militaire agitée par certains ne vous paraît pas un peu risqué ?

C’est la CEDEAO qui a avancé cette possibilité. Le Président de la Commission l’a bien dit, et ça fait partie des instruments qui sont prévus dans le cadre de la communauté pour le maintien de la paix et de la sécurité. Vous savez aussi, nous vivons dans un espace collectif où la responsabilité des uns et des autres sont liées. Aujourd’hui, la paix et la sécurité de la Gambie ont un impact sur la paix et la sécurité de la sous-région, surtout de la sous-région Sénégal Guinée Bissau, et ça va au-delà. C’est une responsabilité collective que la communauté Ouest africaine et internationale va prendre avec toute la mesure que cela nécessite. Il est vrai que tout le monde sait que l’option militaire est  une légitime option qui n’est jamais souhaitable dans n’importe quelle situation. Mais c’est une des options légales, lorsque toutes les voies de recours sont épuisées. Espérons qu’il revienne à la raison et qu’elle ne sera pas utilisée.

Certains ont le sentiment que les gens sont en train de sous évaluer la force militaire de la Gambie…

Je ne pense pas que les Etats qui incarnent cette force sous régionale soient aussi naïfs. C’est du sérieux. On parle de questions de vie, de la stabilité de la sous-région, de certains nombres d’enjeux. Les gens ont pris la chose au sérieux et qu’ils ont le sens de la mesure. Ils savent exactement de quoi il s’agit et n’iront pas dans l’aventure. Les choses sont assez stabilisées, le Sénégal et les autres pays qui composent la CEDEAO sont des pays responsables qui ne militent pas en faveur de la violence. L’option militaire, si ça été agitée, elle sera vraiment le dernier recours. Et si elle va être utilisée, ça sera de manière professionnelle. Nous n’avons pas de doute que ces pays sont très responsables et beaucoup de pays de la sous-région ont vécu les conflits.

Vous comprenez un peu les populations de la Casamance quand elles expriment leur réticence par rapport à cette option ?

Nous comprenons toutes les options, toutes les positions. Les gens ont peur, même en Gambie. Mais ils sont déterminés aussi à tourner la page sanglante, noire du régime de Jammeh. Il faut une transition paisible. Cette transition paisible est dans l’intérêt de toute la sous-région notamment du Sénégal et de la région sud du Sénégal, la Casamance. Donc aujourd’hui, si la Gambie est en paix avec elle-même, avec ses enfants, ses voisins, c’est le Sénégal qui gagne et par ricochet la région du sud ne pourrait qu’en profiter, parce que c’est l’instabilité qui continue de poser des problèmes dans cette partie du sud du pays.

En parlant des victimes quelle est la situation des droits de l’Homme depuis que ce problème s’est posé ?

Après la proclamation des résultats et leur acceptation par le Président Yahya Jammeh, beaucoup de prisonniers ont été libérés. Cela montre qu’il n’y avait pas de justice et que, il y a eu un dégel, un relax. Maintenant, depuis qu’il a fait un virement, on a senti une tension. Il n’y a pas eu d’incident ou de violence. Les gens ont peur parce qu’ils se demandent ce qui va arriver. Partout, il y a des militaires qui sont là dans les artères, surarmés. Ils sont prêts à faire quelque chose.  C’est une intimidation, c’est suicidaire. Tout ceci inquiète et c’est une violation des droits des populations à avoir la paix, à jouir de leur victoire et à vaquer à leurs occupations. Les gens sortent et on note une sérénité. C’est pourquoi je dis que les choses ont changé ; les gens savent que Jammeh à la maîtrise d’une certaine frange de l’armée. Mais les gens disent que la situation est irréversible. Ils ont peur, mais ils vont au travail, ils sortent. Ils font juste attention en attendant, pour éviter que ça explose. Le président élu est en train de s’organiser, il rencontre les autorités, il rencontre les missions diplomatiques, il rencontre les religieux. Cela veut dire qu’il se prépare pour la transition. Cela veut dire que Jammeh est le seul à ne pas comprendre que les choses vont se passer de la façon souhaitée par le peuple.

Nous appelons la communauté internationale à accélérer les négociations et les pressions pour que Yahya parte rapidement, pour que la Gambie tourne enfin cette page sombre de son histoire et que le peuple soit apaisé.

Dans un  premier temps, Jammeh avait accepté les résultats et avait félicité son adversaire et subitement intervient son revirement. Comment est-ce que vous l’expliquez ?

C’est paradoxal. Personne n’a compris. Connaissant l’homme aussi, on s’est dit : il est imprévisible et il a toujours joué ainsi pendant 22 ans entre la dureté, un peu de ruse, d’espièglerie jusqu’à tromper beaucoup de personnes. Je pense qu’il sait jouer et cette fois-ci, il en a fait trop. Alors pourquoi il a renoncé ? Il faut comprendre que le régime, ce n’est pas une seule personne. Si Jammeh a dû rester au pouvoir pendant 22 ans, c’est parce qu’il a eu le soutien à l’interne de l’armée, des services secrets. C’est un pays ou la police politique a joué un rôle particulier. Et tout ça mérite une réflexion.

Juste après sa défaite, on a parlé de CPI, de justice… Est-ce qu’on ne l’a pas un peu apeuré, l’obligeant à revenir sur sa décision ?

Je pense que c’est trop facile. Depuis qu’il a fait sa volte-face, j’ai vu que tout le monde s’agite autour de ça. Mais je pense qu’il faut respecter les victimes. Il ne faut pas que le débat tourne autour de Jammeh. Il doit tourner sur l’avenir de la Gambie, sur ces familles qui ont quitté la Gambie pendant longtemps. Mais aussi sur ces jeunes qui ont fui et qui peut-être ne reviendront plus au pays, sur ces gens dont il a refusé l’enterrement au pays, sur ces corps confisqués jamais rendus aux proches pour le deuil. Je pense qu’on doit s’incliner et dire enfin que cette page noire va être tournée et que la Gambie sera réconciliée avec elle-même. Et peut-être que c’est là où le devoir de vérité doit intervenir. C’est important qu’on sache ce qui s’est passé ! Nous ne sommes pas cependant dans des dispositions de règlements de comptes.

Pendant 22 ans, beaucoup de gens ont été impliqués. Que ça soit des chanteurs ou autres qui le défendaient ici, on a vu de grands défenseurs de droits humains d’ici œuvrant partout à travers le monde, mais lorsqu’il s’est agi de la Gambie… C’est parce qu’ils ont des intérêts dans ce pays. Ils ont soutenu le régime. Personne ne leur en veut, mais il faut qu’ils respectent les victimes et les gens qui ont travaillé depuis 22 ans pour que justice soit faite. Nous sommes en Afrique, lorsque certaines choses finissent, on tourne la page et on dit de ne plus en parler. Cela ne se passera pas ainsi, on va en parler.

Mais maintenant, le plus important est de savoir comment en parler. Il faut la vérité. Il n’y a pas de paix avec l’impunité. Il faut mettre les choses sur la table, en discuter, situer les responsabilités, demander le pardon du peuple. Cela s’est fait dans d’autres pays. C’est ce qu’on appelle une ‘’justice transitionnelle’’. C’est-à-dire une justice après les conflits, après les violations massives des droits humains. Et cette justice est présente ! Ce n’est pas au nouveau gouvernement de décider de ces genres de choses. C’est le peuple, à travers un système mis en place, qui décidera de la manière dont on va aller vers la paix des âmes et la réconciliation.

Si l’on vous comprend bien, la paix est plus importante que la répression à laquelle invitent certains ?

Les deux sont liés. Il faut un équilibre entre la recherche de la vérité, la stabilité et la réconciliation. Ceci est un pilier, un triptyque. Il faut qu’il y ait justice. Une justice transitionnelle sous-tendue par la vérité. L’Etat ne peut pas pardonner et ce n’est pas son rôle. C’est à la société de travailler pour faire ça. C’est pourquoi ceux qui parlent en général ne maîtrisent pas leur sujet. Ils n’ont pas vécu en Gambie, ils n’étaient pas impliqués et ne savent pas ce que le peuple a enduré. Il faut du respect pour ce peuple. La vie du dirigeant compte autant que celle du paysan vivant dans le village. Il faut que les gens arrêtent de défendre l’indéfendable. On peut comprendre cependant que chacun ait son camp.

Personne ne reproche aux partisans de Jammeh de le supporter. Pourquoi on reproche aux familles des victimes et aux organisations qui les défendent d’être dans leur rôle ? C’est méconnaître le travail que ces gens-là font au quotidien pour sauver des vies, réhabiliter des gens et permettre à la vérité d’éclore. Il faut prendre cette affaire au sérieux. Nous ne sommes pas là pour faire du folklore. Ce n’est pas de la rigolade. On a vécu des choses avec les victimes, on les a vues souffrir, on a vu des gens mourir, parce que atrocement torturés, et quand ils sont sortis, ils n’ont pas pu rester. C’est des centaines de vies humaines perdues. Il s’agit maintenant de réconcilier le peuple. Ce sont des débats sérieux qu’on attend de la sous-région, des autorités et du peuple en Gambie, des médias ici au Sénégal et des dirigeants, et de toute la société civile. On n’attend pas du folklore, l’heure est grave.

Parmi ceux qui parlent comme vous le dites, il y en a qui pointent du doigt le président élu Adama Barrow. Pensez-vous qu’il ait commis une quelconque erreur dans sa communication ?

Moi je pense que tout cela est dérisoire. Adama Barrow a été élu président de la République par le peuple gambien. Il n’est pas un politique. C’est quelqu’un qui est dans le business. L’opposition s’est unie, a eu un candidat, tout le monde s’est rallié autour de lui, et il a fait l’affaire.  Maintenant qu’il y ait des erreurs de communication par-ci et par-là, je pense qu’il y a aussi des explications sur certaines choses, pas toutes. Vous êtes élu et vous n’avez pas accès aux médias publics, vous n’avez pas le droit de communiquer ce que vous voulez dire, vous ne pouvez pas rester dans le silence. Sinon, les gens vont douter : est-ce que vous êtes élu ? Est-ce que vous êtes vraiment vivant ? Ils ont communiqué. Peut-être qu’ils ont communiqué sur certains angles où il fallait un peu de préparation.

Mais si vous avez suivi, vous avez vu que tout s’est passé de manière rapide. Personne ne croyait en cette élection, la communauté internationale y compris. Aujourd’hui, il y a beaucoup d’amalgames, parce que les gens n’ont pas compris. Cette élection était l’élection des Gambiens, parce qu’ils avaient compris que si ce régime restait, ça allait être l’enfer. Il a déclaré l’Etat islamique, il a essayé de diviser les groupes qui vivaient en cohésion depuis des décennies. Il a essayé de mettre le pays sur la voie de la division, et les gens, en réplique, ont voté pour l’unité. Ils se sont mis ensemble le 30 octobre et un mois après, ils ont gagné. Ça veut dire que les gens étaient prêts pour le changement.

Personne d’autre de l’extérieur n’a mis des ressources, à part les Gambiens de la diaspora. Les partenaires se sont dit que ce n’est pas une élection. Il a interdit aux observateurs de venir observer ; les conditions n’étaient pas optimales. Mais quand il y a le comptage sur le champ et que les populations sont sorties massivement pour voter, il ne pouvait plus rien. Et c’est ça qui a fait la différence. Maintenant Adama Barrow est le Président élu. Nous lui souhaitons d’être sur la bonne voie, de redresser sa communication, et de s’occuper rapidement de la transition avec ses alliés, et de réconcilier les Gambiens.

Comment appréciez-vous la position du Sénégal par rapport à tout cela ?

Le Sénégal a un rôle historique, un rôle géographique, et un rôle économique. Mais le Sénégal a été toujours prudent par rapport à la Gambie. Nous sommes les témoins, parce que nous travaillons sur les droits humains. Malgré tout ce qui s’est passé ces dernières années, le Sénégal a toujours respecté la souveraineté gambienne. Il n’a pas voulu s’ingérer sur beaucoup de dossiers qui même nous préoccupaient en tant qu’organisation des droits humains. Il y a eu des dossiers qui ont préoccupé le monde entier et même le Sénégal, mais il a fait de la diplomatie discrète. Il n’a jamais voulu s’exprimer sur les violations des droits humains, sauf à quelques exceptions. Quand Jammeh a exécuté Tabara Samb, le Sénégal avait quand même levé le doigt, parce qu’il y a eu une violation des relations diplomatiques, et c’était inhumain.

Mais quand une situation menace la paix et la sécurité d’une sous-région, d’un pays, parce que la Gambie est dans le Sénégal, c’est deux pays, un peuple et le même  espace, le Sénégal ne peut pas croiser les doigts et dire qu’on va laisser les Gambiens gérer cette affaire qui est une crise. Le rôle du Sénégal était de lever le ton.  Des arguments vont diverger, mais je pense que le plus important, c’est d’être du bon côté de l’histoire et du droit. On parle de la CEDEAO des peuples, il ne faut pas que ça reste sur les papiers. La solidarité africaine doit être au devant quand c’est difficile. Sinon ce sont les autres qui le feront. Et après, on est là à parler de néocolonialisme, d’intervention internationale alors qu’on a notre responsabilité.  Quand on demande l’aide internationale, on suit les autres. Et quand on suit les autres, on n’a plus rien à dire. Il faut prendre ses responsabilités et protéger ses citoyens, ses voisins et ses amis.

Au-delà de ça, le Sénégal a un intérêt particulier. Combien de Sénégalais sont en Gambie ? Plus de 700 000. C’est presque la moitié de la population actuellement en Gambie. N’oublier pas que la plupart des Gambiens sont dehors du fait de la répression. Il y a des cadres qui, en temps normal, ne quitteraient jamais leur pays. Ils seraient restés malgré les conditions difficiles. Beaucoup de gens ont quitté parce que non seulement il les a réprimés, persécutés, mais il a fait en sorte qu’ils ne puissent pas travailler dans le pays. Beaucoup pensent que les gens partent comme ça. Non ! Jammeh fait en sorte que vous ne travaillez pas. Quand vous êtes père de famille, vous êtes persécuté politiquement par un régime qui fait tout pour que vous ne puissiez pas trouver du boulot dans le public comme dans le privé. Vous n’avez le choix que d’aller chercher du travail ailleurs. Il y a beaucoup de Gambiens qui sont au Sénégal et qui sont intéressés par ce qui se passe chez eux. C’est pourquoi le Sénégal a une obligation morale, diplomatique, politique.

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