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MEDICAMENTS DE LA RUE-RAMBO RAVAGE LA BANLIEUE !

FLASHACTU.INFO-Dans la banlieue dakaroise, la vente de médicaments contrefaits est un filon exploité à… fonds par certains vendeurs. Depuis quelques jours, Rambo, aphrodisiaque bien connu de plusieurs personnes, est devenu le produit médicamenteux le plus échangé dans les couloirs lugubres de plusieurs marchés.

Connaissez-vous les médicaments Rambo ? Chez nos cinéphiles, il est bien connu. Chez les consommateurs de médicaments de la rue, il est un stimulant sexuel et aussi riche en apport sanguin. Loin des officines pharmaceutiques, Rambo est devenu très populaire dans la banlieue dakaroise où il s’échange dans l’ombre, sous les tables des vendeurs, qui ont pignon sur rue aux marchés Bou Bess de Guédiawaye et de Thiaroye Gare.

Aujourd’hui, la pénurie frappe le marché au grand dam de certains consommateurs, qui raffolent de ces médicaments. Au prix de leur santé. En cette matinée de fraîcheur, le marché Bou Bess de Guédiawaye suffoque. Il faut slalomer entre l’armée des ménagères et le bataillon des ambulants, contourner les étals anarchiques. Dans ce souk à ciel ouvert, il y a une race de vendeurs de médicaments de la rue, qui cachent leur business derrière la vente d’autres produits licites. Et Rambo dort dans les cartons où il est échangé en cachette. Il est très prisé parce qu’il donne une seconde virilité à certains hommes, qui connaissent une panne sexuelle. Un vendeur donne la recette : «Ces pilules (Sic) ont un apport en sang très élevé mais également renforcent l’appétit sexuel, chez les hommes de même que chez les femmes.»

Sur ce site, les vendeurs n’ont rien à envier à ceux qui se trouvent à Keur Serigne Bi, très connu des populations. On ne vous le dira pas : mais, tout le monde s’y rend pour acheter toutes sortes de médicaments à moindre coût. Rambo, itou. Inconnues du grand public, ces pilules sont soigneusement dissimulées dans des cartons, gardées au fond des malles. Elles ne sont pas exposées en plein air par les vendeurs qui ont peur d’être pris en flagrant délit par les contrôleurs des services de l’Etat.

«On le sort que si on nous le demande. C’est un nouveau produit qui est sur le marché. Et il marche très bien. Le paquet coûte 600 francs et il y a 3 pilules. Vous les prenez et elles vous font du bien. Non seulement elles te renforcent en sang mais elles te donnent de l’appétit sexuel. Les hommes en achètent de même que les femmes aussi et ils nous disent que c’est très efficace. J’ai une commande qui est en cours, au plus tard d’ici la fin de cette semaine elle sera disponible», confie un vendeur sans trembler.

Business de la mort 

Au marché Bou Bess, c’est la rupture de stock des pilules Rambo. Question : Comment les populations ont-elles eu vent de l’existence de Rambo ? «Lorsque nos clients habituels, qui achètent certains médicaments comme le Viagra ou autres, viennent ici, on profite de l’occasion pour les informer qu’il existe un nouveau produit sur le marché. Et on leur donne le paquet, ils partent avec. Deux jours après, ils reviennent pour nous dire que c’est très efficace avant d’en prendre d’autres. Et c’est ainsi qu’au bout de quelques semaines, beaucoup de gens viennent en chercher. Souvent même des clients nous appellent par téléphone pour nous demander de leur réserver une partie. Et si un nouveau produit est mis sur le marché, ce sont les clients qui nous disent s’il est efficace ou non. Mais pour ce qui concerne les pilules Rambo, mes clients me rassurent que c’est un bon produit», explique un autre vendeur.

Il décrit une vaste mafia : «Des femmes, qui travaillent comme agents commerciaux, viennent ici l’acheter en grande quantité pour le revendre ailleurs dans d’autres zones. Et c’est rentable nous disent-elles souvent.» Jointe par téléphone, l’une d’elles s’agace : «Qui vous a mis en rapport avec moi ? Je ne vous vous connais pas.» Comment reconnait-on Rambo ? Il est de couleur rouge et ne dispose pas de mode d’emploi. Et c’est le vendeur qui donne la posologie aux acheteurs, qui se pressent devant ces commerçants de la mort. Malgré les rafles de la police, le business est toujours florissant. Pourtant, il y a quelques mois, la police locale avait effectué une descente au niveau de marchés pour appréhender plusieurs vendeurs de médicaments de la rue. Comme si de rien n’était, ils se retrouvent encore dans la rue. Selon l’Oms, les ventes mondiales de médicaments contrefaits pourraient atteindre cette année, 75 milliards, soit 90% de hausse en cinq ans, d’après une estimation publiée par le Center for Medicine in the Public Interest des EtatsUnis d’Amérique. Elle estime qu’il n’existe pas de données précises qui permettent de mesurer avec précision l’ampleur de ce commerce vaste, sophistiqué et lucratif, mais «il s’agit de grandes quantités saisies et de réseaux criminels perfectionnés».

Commerce de la mort 

Il faut savoir que certains trafiquants n’ont aucun mal à transformer un peu de farine ou d’amidon en un comprimé et un morceau de craie, ou une pilule. En plus, l’emballage et l’étiquetage sont souvent imités à la perfection. En Afrique, l’Organisation mondiale de la santé (Oms) estime que près de 100 000 décès par an sont liés au commerce de médicaments contrefaits alors que les faux antituberculeux et antipaludiques sont à l’origine de 700 000 décès par an dans le monde. Véritable hécatombe !

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