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LE PDS AU BORD DU GOUFFRE

FLASHACTU.INFO-Il faut comprendre que l’exclusion de Papa Samba Mboup et Farba Senghor (deux très proches de Me Wade) n’est qu’un épisode supplémentaire dans la longue série de déliquescence du Pds depuis qu’ils ont perdu le pouvoir. Il faut quand même constater qu’avant même cet épisode douloureux pour cette formation, il y a au moins huit partis qui sont sortis du Pds historique de Me Wade. Cela prouve que le parti a quand même beaucoup de compétences, de figures emblématiques. Cela prouve aussi le  niveau de dégradation de la qualité des rapports entre les membres de ce parti .En fait, le ciment de Me Wade s’est fissuré et il a laissé la place à une sorte de puzzle, c’est-à-dire un morceau de parti que des personnalités ont récupéré tout en  se réclamant de la légitimité historique.
Aujourd’hui, le départ de personnalités considérées comme très proches du président Wade, Farba Senghor et Pape Samba Mboup, est la preuve que c’est maintenant le cœur du parti qui est parti, qui a volé en éclats en quelque sorte. Parce que jusqu’à présent, il y a eu beaucoup de personnalités qui sont partis mais qu’on considérait, plus ou moins, moins proches de Wade. C’est le cas de Me Ousmane Ngom, Modou Diagne Fada et d’un certain nombre de personnalités qui, au fond, avaient perdu un tout un petit peu la confiance de Wade. Aujourd’hui, c’est le cœur du dispositif qui est en train de partir et c’est là où se trouve la gravité de la situation actuelle.
« Oumar Sarr est une personnalité qui a beaucoup de difficultés de … »
Oumar Sarr est un responsable politique qui est un des rares à gagner dans sa circonscription depuis plus d’une vingtaine d’années déjà. Depuis 1993, Oumar Sarr est régulièrement parti gagnant à Dagana. Il fait partie des responsables politiques les plus stables dans son compagnonnage avec Me Wade au moins pour ces 20 dernières années. Maintenant, le leadership n’est pas naturel chez lui. Il est une personnalité qui a beaucoup de difficultés de communication et aujourd’hui effectivement, cela lui pose beaucoup de problèmes pour pouvoir jouer le rôle de fédérateur afin de prolonger la vie du Pds.
Cette absence de leadership qui est réel chez lui est un handicap majeur parce qu’effectivement, il n’a pas le discours ni le comportement que devrait avoir un vrai leader pour essayer de recoller tous les morceaux, imposer une certaine respectabilité. Je pense que de ce point de vue-là, ce handicap l’a beaucoup desservi. C’est pourquoi, il a du mal à jouer le rôle que Wade aurait pu jouer s’il était là. Mais, ilfaut remarquer que Wade n’a pas préparé la succession au niveau de son parti. Et cela est fondamentalement grave dans la lecture des événements du Pds. Car, si Wade avait organisé véritablement sa succession en ne mettant pas l’accent sur son fils mais en confiant par ailleurs la responsabilité à une des personnalités du Parti démocratique sénégalais qui sont aujourd’hui sur le terrain politique, on n’en serait pas là.
Mais le fait d’avoir voulu mettre en avant son fils qui a été battu, lors des élections municipales en 2009 et qui a perdu les élections présidentielles avec lui,  en plus qui a été empêtré dans des affaires judiciaires, comme le fait de ne pas avoir choisi une autre alternative que son fils, ont en réalité plongé le Pds dans la difficulté dans laquelle il est aujourd’hui.
« Le PDS n’est plus un parti mais des fragments de partis … »
Le Pds est une grande galaxie libérale dans laquelle les astres ne s’entendent même pas. Ce parti est lui-même éclaté depuis l’emprisonnement de Karim Wade aujourd’hui. Et même sans le départ de Farba Senghor et de Pape Samba Mboup, le Pds aurait beaucoup de mal à se présenter aux élections. Parce qu’il n’y a pas que ces deux personnalités, il y a aussi le comportement de Aida Mbodj qui crée un mouvement à l’intérieur de ce parti et prend visiblement son indépendance et pourrait éventuellement présenter sa propre liste au grand dam des autres responsables du Pds. Il y a aussi le spectre de Karim Wade qui pèse sur le Pds parce que beaucoup parle de son retour sans véritablement en avoir la certitude absolue et tous ces ingrédients réunis font que le Pds n’ira que très difficilement aux élections.
Aujourd’hui, il n’est plus un parti mais des fragments de partis, ce sont des morceaux de partis unis qui tentent difficilement de se réunir. C’est une addition de personnalités qui sont sous le même label Pds mais qui, en réalité, n’ont pas une formation structurée qui peut aller aux élections. Et sûrement, les investitures poseront un gros problème au Pds parce que chaque responsable contrôle un département et il n’y a pas de fédération, de lien fédérateur qui pourrait les mettre sur la même liste et aller aux élections dans la sérénité.
« La déwadisation du PDS a commencé quand Wade … »
La déwadisation a commencé quand Wade est parti et quand Karim Wade a été en prison. La wadisation était incarnée non pas par des responsables du Pds mais par Wade et son fils. Tous les autres ;même ceux qui se réclament de Karim Wade, à mon avis, n’y croient pas trop. Ils le font peut-être parce qu’ils ont encore des liens affectifs vis-à-vis de Me Wade mais, en vérité, la déwadisation a commencé depuis très longtemps.
Depuis que Wade est parti, il n’existait plus de vrai wadiste dans le Pds. Il n’existait que de responsables qui contrôlaient une parcelle de pouvoir et qui, de temps en temps, pouvaient constituer l’oreille de Wade ou demain aller à contrecourant des décisions de Me Wade. Parce que parmi ceux qui se réclament de Me Wade, il y en a certains qui étaient plus ou moins opposés à certaines décisions de Wade, notamment au moment de l’investiture de Karim Wade. Certains d’entre eux n’y avaient pas adhérer.
Donc, véritablement, les vrais wadistes qui étaient au Pds, c’étaient Pape Samba Mboup et Farba Senghor et voilà qu’ils sont partis. C’est pourquoi je dis que c’est le cœur du dispositif qui est parti. S’il y a des hommes qui étaient vraiment proches de Me Wade, c’est bien Farba Senghor et Pape Samba Mboup mais leur mal, leur difficulté, c’est qu’ils n’ont pas de base politique, en quelque sorte une légitimité populaire. Leur seule légitimité, c’est Me Wade qui leur avait donnée. C’est pourquoi il est facile de les déboulonner. Ils n’ont pas de base politique pour réclamer une certaine légitimité, ce qui n’est pas les cas d’Oumar Sarr qui contrôle Dagana, encore moins d’Aida Mbodj qui contrôle Bambey.
D’ailleurs, ce n’est pas étonnant que quand Ousmane Ngom a perdu Saint-Louis, il est parti, sachant qu’il n’avait pas d’autre choix que de rejoindre l’Apr ou l’entourage de Macky Sall. Donc, l’un des problèmes majeurs de Farba Senghor et de Pape Samba Mboup, c’est de n’avoir pas de base. C’est le cas aussi de Me Amadou Sall qui n’a pas de base politique déterminée mais qui va s’accrocher à Me Wade pour justifier sa présence dans le dispositif.
« Momar Seyni Ndiaye, éditorialiste , journaliste formateur et analyste politique

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