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El Hadji Assane Ndieguene ’’Boroomñaan yi akk dëgougui’’, Un homme de Dieu véridique

 

FLASHACTU.INFO-«Damaalab si Yàlla (swt), màndi si moomebataxna ma gumba, tëx, luu si ragalguimakoragal»

El Hadji Assane Ndieguene 

Digne fils du Saloum, El Hadji Assane Ndieguene plus communément appelé Mame Assane est né à Thiès vers 1915. De père, le missionnaire de renom originaire du Ndoucoumane (Saloum), Tafsir Ahmadou Barro Ndieguene; de mère, une femme pure, patiente et dévouée, sokhna Yacine Loum originaire du Saloum également et plus précisément du village de NdiobèneTaiba (Kaolack).

Il avait comme valeureuses épousessokhnaFatouNguer du village de Bambey Sérère situé dans la communauté rurale de Dangalma (Diourbel), sokhnaGoumbé Gueye originaire de la Commune de Gandiol (Saint-Louis) et sokhnaNogaye Diop du village de keur Mame Marame situé dans la communauté rurale de Fandène (Thiès). Homme de Dieu d’un parcours exceptionnel sur les sentiers menant au sommet de la crainte et desdegrés d’adoration les plus élevés envers Celui qui agit avec droiture (swt).Sa formation spirituelle et temporelle poussée,qui a faitde lui un saint qui s’éleva au rang de stade du renoncement futacquis dans la persévérance, la patience et la sincérité. Il a fréquenté un nombre important d’instituts et de savants dans différentes localités du pays se forgeant ainsi une réputation de voyageur éternel à la recherche continuelle du savoir et de secrets mystiques. Tel un nomade à la lignée de ses ancêtres, Il a d’abord bénéficié d’unenseignement de base au sein de la maison familiale avant d’entreprendre avec le conseil et l’accord de son vénéré père un périple légendaire.

Ce périple commença au Saloum (Kaolack) auprès de sa famille maternelle où il séjourna plusieurs années. Durant ce séjour, il bénéficiera d’enseignements de haute facture auprèsde son cousin MalickLoum puis auprès de savants renommés à NdiobèneTaiba et à NdiayèneBagana avant de sillonner d’autres localités du Saloum pour continuer sa recherche effrénée du savoir. Ainsi il séjourna à Kossi, ensuite dans les instituts de Médina Baye où Cheikh Ibrahim Niass le repéra avec un autre élève du nom de Lamine Cissé qui fut Imam de la mosquée de Keur Mame El Hadji pendant plusieurs années. En ces temps, il était déjà devenu un homme de Dieu doté de degrés surationnelsattirant ainsi l’attention des sagesqui n’hésitaientpas à familiariser avec lui.

Et pourtant, le saint homme avait toujours et encore plus soif de connaissances et de secretsdivins, cela étant l’essence de sa vie.La majeure partie de sa formation spirituelle fut complétée à Saint-Louis. Dans cette ville, il fréquenta des savants comme TafsirSenkouSall pour continuer son éducation. Il rencontra ensuite dans la même localité, un marabout du nom de GorguiNdiaye dont la connaissance des secrets des noms divins étaient connus de tous. Beaucoup d’érudits de familles religieuses les plus connues du Sénégal et de la sous-région venaient s’abreuver des secrets de ce marabout pour compléter leur éducation.

Mame Assane dira plus tard que son éducation a été complétée grâce à la patience et au dévouement. Il n’a ménagé aucun effort pour arriver à son objectif. La faim et le manque de moyen n’ont pas pu freiner sa motivation, au contraire, ils réanimaient sans cesse la flamme mohammadienne qui dormait en lui. Il rentrera après presque 40 ans passés hors de sa terre natale, ivre de connaissances et d’amour pour Le guide (swt). Il tiendra une des premières écoles coraniques du quartier de Keur Mame El Hadji pour consacrer le reste de sa vie à la préparation d’hommes véridiques et détournés. Il participa à l’éducation de certains hommes de Dieu comme le marabout Mounirou Ndieguene Al khouraan ainsi que tant d’autres.

Détenant une des formations les plus abouties de sa génération, il mènera une vie imbibée de crainte irréversible et révérencielle envers Le juste (swt) à travers la droiture, l’humilité et le désintéressement. Des sollicitations à son encontre furent nombreuses partout au Sénégal, que ça soit du côté des disciples ou des marabouts pour des prières auprès Du seigneur (swt).

   Mame Assane: le véridique,

Sur le point de rentrer définitivement à la maison familiale à Thiès après son éducation spirituelle et temporelle, il était devenu un sageplongé dans les degrésles plus élevés de la crainte. Son fils ainé et khalife Imam Malick Ndieguene nous raconte qu’il a passé des nuits durant, à prier pour que Le Seigneur (swt) puisse lui donner la force de raffermir sa cohabitation avec ses proches. Sa nature correspondait au trio vérité, sincérité et honnêteté. De ce fait, il est reconnu comme étant un homme de confiance dans les relations avecson voisinage. Il devenait rigoureux avec les gens qui s’éloignent des sentiers Du maître (swt) et chez qui l’hypocrisie reflétait la vraie nature.

Véridique dans ses pensées, ses paroles, ses faits et gestes, il était un savantqui imposait le respect à tout le monde. Malgré sa nature d’homme détourné et effacé, sa présence ou son passage dans uneassemblée imposait l’abandon de toutes formes de futilités. Pour certains de ses contemporains, doté d’une âme apaisée et d’un cœur pur et clair comme l’eau de cristal, il avait des comportements dignes de celui d’As-Siddîqh « le véridique » en faisant allusion au premier Khalife de l’islam. Pour d’autres, il avait des allures d’Al Fârûqh »celui qui fait la distinction entre le bien et le mal, la justice et l’injustice et tranche »² en faisant allusion au deuxième khalife Omar ibn al-Khattâb (rta). Ajouté à cela, sa nature purement mystique et suprarationelle lui vaudra plustard le surnom de lion aveugle dans les sentiers sans retour Du Maître (swt). Ces surnoms sont loin d’être anodins car elles reflètent la vraie nature du saint homme.

Nous sommes tous conscients que la dégradation des valeurs de nos sociétés actuelles est due en grande partie à de mauvais caractères comme l’hypocrisie, le mensonge, la tromperie, le non-respect desengagements et la facilité. Des signes qui sont sévèrement réprimés dans le Livre Saint [S2V8-20]. Quand il s’agit de vérité crue et palpable, Mame Assane était intransigeant sans distinction aucune, considérant que Son seigneur (swt) est le seul refuge et le seul à craindre. D’une générosité connue de tous, il était patient et il préférait le bonheur et le bien être d’autrui préférant s’en remettre à sa foi, qui lui conférait une paix intérieure incommensurable. Véridique, sincère, armé d’un cœur pur rempli d’amour et de craintede Dieu (swt), vide de toute méchanceté, jalousie et hypocrisie, il était réputé pour ses prières de haute facture.

Mame Assane: prières d’un saint véridique

Le saint homme avait un don qui se fait de plus en plus rare car la plupart de ses prières étaient exaucées par Le bienfaiteur (swt). Bien évidemment, il y a des conditions sine qua none que l’invocateur doit respecter pour que sa prière soit exaucée si l’Invoqué (swt) le veut. Parmi ces conditions, la foi, la sincérité, la certitude, la confiance, la paix intérieure et l’espérance en son Seigneur (swt) demeurent la base. Vous l’aurez compris, le saint homme possédait toutes les qualités nécessaires et indispensables de l’invocateur. De nombreux érudits de l’époque ont fait appel à ses services et ont attesté de ce don. Ainsi, toute sa vie durant, il n’a cessé de voyager de village en village, de ville en ville au service de l’islam et des disciples.

Concrètement, le saint homme s’est littéralement investi, se sacrifiant pratiquement dès fois pour la bonne cause. Lors de la construction de la grande mosquée de Keur Mame El Hadji, Mame AladjiBoroomPiliyane bi avait fait appel à ses services pour faire partie de la commissionqui s’occupait de l’aspect mystique qui était indispensable àl’époque. Il n’hésitait pas en outre à lui recommander des disciples à la recherche de prièrespour qu’il puisse les aider. D’ailleurs, nous ne pouvons estimer le nombre de personnes qu’il a sauvé et guéri par la grâce de Dieu (swt). Une des preuves palpables de ses capacités est la confiance que lui vouait le marabout El Hadji Mansour SyBoroomDaaradjiqui n’hésitait pas à solliciter ses prières en des circonstances troublantes. Ce dernier avait attesté les dimensions exceptionnelles de Mame Assane auprès de Celui qui ne cesse d’accueillir le repentir (swt). Sa dimension, ses dons et son désir de servir l’islam et son prochain le poussait à voyager à travers le pays. Il avait tout à portée de main, mais sa nature le poussait à se déplacer de point en point comme ses ancêtres. Ceci fait partie des signes visibles des grands hommes de Dieu.

De ce fait, Mame Assane ira à Somone (Mbour) à la demande de Mame Aladji ″BoroomPiliyane bi″ pour formuler des prières pour un retour à l’abondance des ressources en poisson. Puis, dans sa lancée épique de ramener les disciples dans la voie de la sagesse et de la raison au service de l’islam, Il faisait des tournées fréquentes à khénène dans la commune de Pout (Thiès) puis dans les villages sérères de Mbour dans la communauté rurale de Sandiara plus précisément. Ces tournées pour l’amour du Seigneur et au service des disciples le menait fréquemment dans la région de ses ancêtres au Saloum (Kaolack) où il marcha de contrée en contrée. Il séjourna dans les coins les plus reculés et les plus réputés du Sénégal à cause du mysticisme et de la présence d’êtres obscurs et peu fréquentables. Ainsi sa bravoure, son savoir, sa crainte et son amour envers le Préservateur (swt) le poussait à séjourner longtemps dans les îles de Joal-Fadiouth située dans la Petite-Côte, de Sangomar située près du Delta du Saloum et de Dionewar située dans le Sine Saloum. Durant ses moments de solitudeet ses veillées dans ses îles reculées à l’époque, ses compagnons en plus du prophète Mahomed (psl) et Cheikh Ahmad Tîdjiân Cherif (rta) étaient le zikr, l’apprentissage du Saint-Coran et les prières.

El Hadji Assane Ndieguene, un homme de Dieu accompli de par son savoir et sa dévotion exclusivement dédiée au Seigneur (swt), nous a montré la voie à suivre pour obtenir les faveurs du tout puissant (swt). Selon lui, comme son pèred’ailleurs, tout ce qui comptait et qui méritaitd’être craint est Le très haut (swt). Il était ivre d’amour, noyé dans la crainte et sourd dans la connaissance de Dieu (swt). Pour cela, il étaitvéridique et sincère dans ses relations avec Lui (swt) et l’homme respectant ses engagements coûte que coûte. Les multiples services qu’il a rendus aux disciples dans beaucoup de localitéà travers ses prières et ses prêches ont étéfaits uniquement pour participer au rayonnement de l’islam. Il ne voulait ni assemblée, ni pouvoir éphémère, ni prestige, ni célébrité et autres futilitésfolkloriques qui gangrènent malheureusement notre chère religion.Quel que soit l’évènement au sein de la Hadara, il s’enfermait dans sa case en paille après la prière de Maghreb pour se concentrer sur ses prières nocturnes et raffermir sa relation avec son Maître (swt). Nous ne l’avons que rarement vu dans des assemblées, voir jamais car la solitudeétait essentielle pour lui. Il ne faisait rien si ce n’estquepar crainte pour Le tout puissant (swt).

Pour notre salut, inspirons-nous des qualités exceptionnelles d’homme de Dieu comme El Hadji Assane Ndieguene qui était un exemple de droiture et d’honnêteté. La véritéétait essentielle pour lui puisqu’il avait exclu de son environnement intérieur et extérieur tout ce qui étaitreliéàl’hypocrisie, ce qui estun des points forts de celui qui a refusé de se soumettre.

Puisse Celui qui exauce les prières (swt) (Al Mujiib) nous accorder la vérité, la sincérité et la servitude de nos valeureux érudits. Puisse celui qui est supérieur à toutes ses créatures (swt) nous épargner de la corruption, de la futilité, de l’orgueil, de la vanité et de l’hypocrisie.

¹Je suis ivre envers Dieu, je me suis noyer en lui et c’est pourquoi je suis aveugle sourd et muet en ce qui Le concerne.

² Les quatre califes, Hassan Amdouni, p. 135. Éd. al Qalam (2005)

 

Votre insignifiant disciple,

Assane Ndieguene Ibn Aziz Ibn Mame Wahab,

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