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AFFAIRE F.NG-L’art de maquiller la réalité

FLASHACTU.INFO-Le député Farba Ngom n’en finit pas de faire parler de lui. Après l’affaire des coups de feu à Matam, son accrochage avec le préfet de Kanel, ses insultes devant le président Sall au palais de la République, pour ne citer que ces incartades, il se signale, cette fois, hors des frontières sénégalaises, pour infraction à la législation douanière. Une affaire qui met à nu la responsabilité de la Douane sénégalaise qui a laissé le parlementaire filer avec plus de 38 000 euros, alors que la loi l’interdit.

 

Dieu est grand. Mais Farba Ngom n’est pas petit. Pris en flagrant délit de violation de la règlementation douanière, le griot attitré du président de la République a réussi à passer du statut de coupable à celui de victime. En effet, si les informations en notre possession ne nous permettent pas de dire avec certitude que le parlementaire a violé la loi française, elles nous permettent, en revanche, d’affirmer, sans ambages, qu’il existe bel et bien une violation de la législation douanière sénégalaise.

Le guide du voyageur édicté par la Douane nationale indique clairement qu’il est interdit de sortir du territoire national avec, en devises, l’équivalent de plus 2 millions de francs Cfa. En des termes plus explicites, le texte précise : ‘’Le résident (résident de l’Uemoa) se rendant à l’étranger peut détenir, en devises, jusqu’à concurrence de la contre-valeur de deux millions (2 000 000) de francs Cfa. Il est toutefois tenu de les déclarer par écrit au moment de quitter le territoire douanier sénégalais.’’

Plus loin, le guide ajoute, avec précision : ‘’Au-delà de ce montant, seuls les autres moyens de paiement peuvent faire l’objet d’un transport physique.’’ Il s’agit, d’après le document, des chèques de voyage, chèques visés, cartes de crédit, etc. ‘’Dans ce cas, mentionne le guide, ces autres moyens de paiement doivent être également déclarés par écrit, quel que soit le montant de leur contre-valeur’’.

En traversant les frontières avec une manne financière aussi importante, Farba Ngom a agi en violation flagrante de la loi. Mais comment a-t-il pu passer entre les mailles des filets aussi perspicaces des gabelous ? Certaines sources aéroportuaires avancent la lancinante question du salon d’honneur devenu comme une zone de non-droit. Profitant des avantages que leur procure leur passeport diplomatique et du trafic d’influence, certaines personnalités influentes en usent pour accomplir tous les forfaits. ‘’Aucun élément n’ose les contrôler, au risque de subir des représailles’’, affirme notre interlocuteur. C’est ainsi la porte ouverte à tous les abus. Il va de soi que si la Douane sénégalaise avait effectué son job convenablement à Dakar, l’épisode de Paris ne se serait jamais produit.

Les faits

L’histoire remonte au dimanche matin. A Dakar, elle était au centre de toutes les discussions, faisant l’objet de débats passionnés entre pro et anti Farba Ngom sur la toile, mais aussi dans les grand-place et autres salons feutrés de la capitale. Pourtant, l’honorable député du peuple, lui, était loin des frontières sénégalaises. Avec son épouse et sa maman ‘’souffrante’’, il s’était rendu en France, dit-il, pour les besoins d’un rendez-vous médical. Par-devers lui, il détenait la rondelette somme de 38 600 euros, soit environ 25 millions de francs Cfa. Rien de grave, au regard de la législation française qui dispose explicitement : ‘’L’argent liquide (sommes, titres ou valeurs) peut être librement transféré de l’étranger vers la France, quel que soit le pays, sans l’intermédiaire d’un établissement bancaire. Toutefois, à partir d’une certaine somme, une déclaration à la douane est obligatoire. Toute fausse déclaration ou toute absence de déclaration est punissable par la loi.’’

Il ressort de ce texte qu’en principe, il n’est pas un délit d’entrer en France avec autant de liquidités. Toutefois, la loi oblige le voyageur à faire une déclaration à la douane, si le montant transféré excède un certain seuil. Plus loin avec la Douane française, on apprend que le seuil prévu est de 10 000 euros. A partir de cette somme, le voyageur est tenu obligatoirement de procéder à une déclaration. De ce fait, Farba Ngom devait inévitablement passer devant la douane. L’a-t-il fait volontairement ou non ? Le mis en cause tente de s’expliquer, mais s’y prend maladroitement. Dans un premier temps, il fait savoir que l’argent en question appartenait à quatre membres de sa famille, dont lui-même, à raison de 9 500 euros chacun. Auquel cas, renchérit-il, il n’avait pas besoin de faire la déclaration. Ce qui est vrai.

Mais, le même Farba Ngom revient nous dire qu’il s’est ‘’volontairement présenté à la douane française pour procéder à la déclaration’’. Alors, la question qui se pose est de savoir pourquoi diantre le député a-t-il senti le besoin de se soumettre ‘’volontairement’’ à une déclaration à laquelle il n’est pas assujetti ? De deux choses l’une : soit ‘’l’ami’’ du président s’est trompé de bonne foi, pensant que seuls les 9 500 euros lui appartenaient, il n’a pas jugé utile de faire la déclaration. Et, interpellé, il est passé à la caisse. Soit – et c’est encore plus grave – il est de mauvaise foi et que toute cette manne financière lui appartenait.

Dans tous les cas, si la déclaration avait été faite volontairement, les services douaniers français n’auraient pas à saisir l’argent, comme l’a révélé hier le journal ‘’Le Quotidien’’, non sans préciser que le maire des Agnam était particulièrement attendu à cause d’un précédent.

En effet, c’est en cas de non déclaration ou de fausses déclarations que la législation française prévoit plusieurs sanctions, notamment : ‘’Une amende égale à 50 % de la somme sur laquelle a porté l’infraction ou la tentative d’infraction et la confiscation de la totalité des fonds par la douane.’’

Citant une source policière, le site d’informations www.bbc.com déclare : ‘’Le député sénégalais, membre de la mouvance présidentielle, Farba Ngom, a été arrêté dimanche à l’aéroport Roissy Charles de Gaulle à Paris… Après avoir été interrogé par les douaniers, Farba Ngom a été relâché, grâce à son immunité parlementaire.’’ Laquelle information a été reprise par plusieurs médias africains.

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