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LA CHASSE AUX ENFANTS

FLASHACTU.INFO-C’est une alerte : les kidnappeurs sont de retour. Il ne se passe pas un seul jour sans que la presse ou les réseaux sociaux ne fassent état d’un cas d’enlèvement, de tentative d’enlèvement, de viol, d’actes de violence ou même de meurtre au préjudice des enfants. De ce fait, la psychose s’installe dans le pays. Puisque ces faits ou évènements ne sont pas étrangers aux Sénégalais. Ils sont fréquents, surtout à l’approche des joutes électorales : présidentielle, législatives et municipales.

Le mal est profond. A preuve, dans la matinée du samedi 24 février dernier, une fille de 8 ans, M. D., a été violée dans une maison en construction, puis tuée avant que son corps contenu dans un sac en plastique ne soit jeté dans un dépotoir sauvage d’ordures, à Petit Mbao. Il ressort des éléments de l’enquête menée par la gendarmerie de la Zone franche industrielle de la localité que l’élève, qui était en classe préparatoire, a subi des violences avant de trouver la mort. Que M. D. a été étouffée par son bourreau. Alors qu’elle avait juste été envoyée à la boutique par sa mère pour acheter du café et du lait. Le boutiquier du coin est soupçonné d’avoir commis le meurtre. Il se trouve entre les mains de la gendarmerie.

Le même jour, à Touba (Diourbel), précisément à Keur Niang, S. F. B., âgé de 7 ans, a été égorgé à quelques encablures de sa maison par un inconnu. Le mobile du crime n’est toujours pas identifié ; la thèse du ‘’sacrifice humain’’ est évoquée. Il s’y ajoute trois tentatives d’enlèvement de mineurs âgés entre 7 et 10 ans qui ont échoué, en l’espace d’une semaine. Lundi dernier, deux cas ont été signalés aux quartiers Keuri Kaw et Peulh-Gui, respectivement à Thiès et à Mbao (Dakar). Le premier, dit-on, a reçu une gifle de la part de son présumé bourreau, là où l’autre n’a dû son salut qu’à l’intervention des voisins. Par un coup de chance, les limiers de Touba ont arrêté un présumé kidnappeur en compagnie de 6 enfants, trois jours après le meurtre de S. F. B. La région de Ziguinchor n’échappe également pas à ce phénomène.

Enfants disparus, la terreur des parents

En fait, les enfants disparus continuent d’inquiéter les populations, en particulier les parents. Ces derniers ne dorment plus du sommeil du juste. L’idée de penser que leurs enfants puissent tomber dans les mains de personnes malveillantes les hante. A ceux qui en sont déjà victimes, les réseaux sociaux sont leur ‘’police’’. Les avis de recherche, les dénonciations et les avertissements y foisonnent. Dans un audio qui circule sur WhatsApp accompagné d’une image, une voix masculine désemparée informe : ‘’La photo qui vous a été envoyée est celle de la fille de la coépouse de ma sœur qui vit à Guédiawaye. Elle a été kidnappée, alors qu’elle venait de quitter son école pour rentrer à la maison. Depuis, nous sommes à sa recherche. Elle a été enlevée avec un jeune garçon. Mais ce dernier a été libéré à cause de ses pleurs. Il a toutefois été maltraité avant d’être sorti du véhicule. Il y a des malfaiteurs dans ce pays !‘’

Un autre audio avertit. L’interlocutrice de Nabou (nom de la destinataire du message sur WhatsApp) déroule : ‘’Il n’y a plus de sécurité dans ce pays. Que chacun surveille ses enfants. Aujourd’hui, à Sacré-Cœur, des petits ont failli être enlevés par un groupe d’individus qui les ont pourchassés jusque dans leur maison. Ils ont dit que les enfants sont leurs frères qu’ils doivent ramener chez eux à Yeumbeul. Ils ne savaient pas que les enfants s’étaient réfugiés dans leur maison.’’ Avant de poursuivre : ‘’Heureusement que le père de ces gamins était présent. Mais malgré cela, les malfrats ont attaqué le vieux qui a usé de ses cordes vocales pour ameuter le quartier. N’eût été l’intervention prompte du voisinage, le pire allait se produire. Imagine, si les enfants n’étaient pas entrés dans leur propre maison, ils seraient enlevés. Il faut partager cette information pour que tous les parents soient informés.’’ Une prévention.

Cependant, l’histoire qui a le plus troublé l’opinion publique partagée entre pitié et colère, est celle de la patiente du ‘’Major Ndoye de l’hôpital de Mbao’’. Elle qui a été interpellée avec un petit enfant à la main.

Dans un autre enregistrement sonore, la jeune fille, pressée de questions par des voix masculines, raconte : ‘’Ma mère n’a pas les moyens de prendre en charge mes frais médicaux et elle m’a recommandée auprès de l’une de ses connaissances. Sur le chemin, j’ai croisé une dame qui m’a assurée qu’elle pouvait m’aider à payer mes frais médicaux. Ceci, à condition que je lui emmène des enfants.’’ La malade de poursuivre : ‘’C’est ce que j’ai fait en enlevant cet enfant. Je l’ai pris à Pikine Texaco, à l’insu de ses parents, précisément dans son établissement scolaire. La dame qui m’a envoyée se trouve à Liberté 6, non loin du Camp pénal.

Nous sommes allés à Niarry Tally, puis à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) où devaient me rejoindre des jeunes hommes.’’ ‘’Qui sont-ils ?’’, interroge une voix. ‘’Ils vivent chez la dame et m’accompagnent souvent dans mes pérégrinations à la recherche d’enfants à enlever’’, répond la jeune fille. Et de renseigner : ‘’J’ai renoncé à emmener cet enfant chez la dame, parce que j’ai eu pitié de lui. Il pleurait amèrement. Ne pouvant pas le ramener chez lui, de peur d’avoir des problèmes, j’ai pensé à nous faire passer pour des personnes égarées et gagner du temps jusqu’à demain.’’ Et contre toute attente, elle confie avoir kidnappé un autre enfant, le matin à 8 h, dans la même école, à Pikine Texaco, à côté de la maison de Serigne Mansour Sy, qu’il a déjà conduit à la dame. Comme pour se dédouaner, elle poursuit : ‘’Je veux juste me soigner. La dame doit me remettre 7 000 F Cfa.’’ Sur ce, elle confie pouvoir y conduire les policiers.

‘’L’enlèvement des enfants est une réalité’’

Plus connu de toutes les personnes qui ont eu à passer des messages relatifs aux cas d’enlèvement ou de tentatives d’enlèvement, le professeur Maïssa Babou confirme : ‘’Cette information est sérieuse et grave.’’ ‘’Je souhaite que cette information soit partagée au maximum, d’autant plus qu’elle participe à la protection de nos enfants’’, signale-t-il d’emblée. Puis, il divulgue : ‘’Mon homonyme Maïssa Babou Mbacké et un de ses amis résidant à Mbacké, ont été enlevés dans un 4X4 noir. Il est le fils de mon grand frère. Ils ont été acheminés aux Maristes. Là, les deux enfants, enfermés dans une chambre, se sont endormis. Quand ils se sont réveillés, ils ont vu qu’ils avaient les pieds ligotés. Ils ont réussi à se détacher avant de se sauver en passant par la fenêtre.’’ Selon l’économiste, les petits ont couru jusqu’au parc de Hann avant de pouvoir narrer leur mésaventure à une dame. Cette dernière, dit-il, leur a prêté son téléphone portable afin qu’ils puissent joindre le grand frère de Modou Fall, qui est un colonel dans l’armée. ‘’C’est pour dire qu’il faut sensibiliser les enfants afin qu’ils soient prudents. C’est pour vous dire que l’enlèvement des enfants est une réalité’’, assure le professeur. Cette affaire est évoquée par le commissaire de Mbacké (voir ailleurs)

Membre du groupe sur Facebook dénommé ‘’Being a great parent’’, une dame alerte à travers un post : ‘’J’ai assisté à une scène qui aurait pu aboutir à l’enlèvement de mon fils. Un étranger, genre ivoirien ou nigérian, a poursuivi mon enfant et sa nounou jusque devant la porte de ma maison. Heureusement que j’étais dans ma voiture en train d’observer la scène.’’ Avant de narrer : ‘’C’est là que je suis sortie de ma voiture pour aller à sa rencontre, mais le monsieur a pris la fuite ! Faites attention, les voleurs d’enfants sont là ! Donnez des consignes à vos nounous, les mamans.’’ Dans les commentaires, on peut lire : ‘’Cela devient plus que sérieux là.

Qu’attend l’Etat pour prendre des mesures ? Je n’arrive plus à travailler, qu’Allah veille sur nos enfants, parce qu’entre l’école et la maison, tout peut arriver. L’Etat doit réagir, cela fait peur. Où sont nos forces de l’ordre ? C’est ahurissant !!! Protégeons nos enfants !’’ Ou encore : ‘’Comment les protéger ? Je suis dépassée. Entre la porte de la maison, chez le voisin, l’école et la boutique, tout peut basculer. Il ne reste qu’à prier pour que Dieu nous en préserve. C’est ce qui arrive dans un pays où on n’applique pas bien la loi.’’ Un autre membre ajoute : ‘’Je suis en permanence stressée. Maintenant, ils n’ont plus peur et ils ne se cachent plus, puisqu’ils se mettent à poursuivre les gens. C’est honteux. J’ai remarqué qu’il y a trop d’étrangers bizarres dans les rues. Loin de moi toute idée xénophobe. C’est juste un constat.’’

La journaliste dans un quotidien de la place de soutenir : ‘’On parle de police, des gouvernants et autres. Mais, pour moi, avant eux, c’est nous. L’auteure de cette publication a raison, sensibilisons nos nounous et bonnes. Prenons le minimum de précautions, avant de nous tourner vers la police ou l’Etat.’’ Comme l’a si bien dit l’adage : ‘’Vaut mieux prévenir que guérir.’’

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