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Seydou Gueye cogne Idy et Abdoulaye Bathily

FLASHACTU.INFO-Surbooké la semaine dernière du fait des longues négociations avec les acteurs de la santé et de l’éducation, Seydou Gueye, le ministre secrétaire général et porte-parole du gouvernement, s’est entretenu avec nous. Il évoque les chances de Macky Sall, son candidat au premier tour de la présidentielle prochaine, du parrainage des candidats, des réalisations du pouvoir et du verdict du procès de Khalifa Sall. Entretien avec un ministre qui se relaxe en jouant de la basse ou en lisant Anna Karenni, Marguerite Yourcenar ou Hannah Arendt.

Votre candidat, le président Macky Sall a-t-il des chances de passer au premier tour le 24 février prochain ?

Le Président Macky Sall a des chances réelles. Il a fait d’énormes réalisations grâce à l’impulsion du PSE. Aujourd’hui, il n’y a pas un seul secteur de la vie socio-économique qui ne soit pas impacté par son action. Ce que nous avons réalisé, n’eût été la cadence imposée par le Président Sall, nous aurions mis trente ans à le faire, comparé à notre histoire depuis 1960. C est une véritable révolution qui est en cours dans notre pays. De ce point de vue-là, la réélection du Président Macky Sall dès le premier tour le 24 février 2017 reste donc à notre portée et nous n’avons pas d’inquiétudes particulières quels que soient par ailleurs les adversaires, néo-opposants ou candidats périmés, ou quel que soit le Wade en course. Son bilan, inédit sur la durée d’un mandat depuis l’accession de notre pays à l’indépendance, permet de maintenir l’espoir lucide et objectif, d’un pays qui fait cap, sans complexe et d’un pas ferme vers l’émergence. Sans prétention, on peut dire que le niveau de réalisations est exponentiel.

Et pourtant vos détracteurs vous reprochent une mal gouvernance préoccupante.

C’est juste un procès d intention absolument pas conforme à la réalité. Par contre, c’est la situation de l’opposition qui est régressive et préoccupante. Notre pays se transforme du point de vue de ses structures économiques, à la faveur du renouveau productif et du renforcement de ses capacités productives. L’inclusion sociale de tous nos compatriotes est une réalité, qu’ils vivent ici ou non dans la diaspora. Le Président Sall est en train de faire de la bonne gouvernance, la matrice et une donnée fondamentale des politiques publiques. Le Sénégal sous le Président Macky Sall, c’est essentiellement du sérieux en économie, la suppression des niches de gaspillage des ressources, au profit des dépenses d’investissement, qui augmentent d’année en année en faveur des populations, une crédibilité renforcée auprès des partenaires.

Oui, mais comment tout cela se décline concrètement ?

Ce sont la bonne santé de notre économie et les performances réalisées qui ont permis de financer des programmes importants à fort impact social comme le PUDC, les bourses de sécurité familiale, le PRACAS, ainsi que des infrastructures routières et autres. Les populations apprécient cette dynamique d’amélioration continue de leurs conditions de vie et ne lâcheront pas la proie pour l’ombre. Les Sénégalais ont compris que les compétences utiles du Président Macky Sall justifient le renouvellement de son mandat face à une opposition qui est en triple crise de projet(sauf du «ôte toi que je m’y mette»), de méthode (elle ne sait pas se rapporter à l’opinion sénégalaise) et de leadership. Dans ces conditions, il n’y a pas encore d’adversité suffisamment élaborée qui puisse ébranler notre candidat. Nous faisons confiance aux Sénégalais qui ne lâcheront pas la proie pour l’ombre.

Même si vos futurs challengers (Abdoul Mbaye, Thierno Alassane Sall, Malick Gackou, Idrissa Seck) sont issus de vos rangs ?

Pour le moment, ce sont des adversaires, ils n’ont pas encore cette qualité de challenger. Malgré tout, le Président aura largement plus de 50%. C’est notre objectif et il est largement à notre portée. Les néo-opposants sont dans le cycle de l’apprentissage. Ils ont fait le choix d’être inutilement virulents et ce n’est pas ce qui est décisif dans le choix des Sénégalais.

Apparemment, ils en savent beaucoup sur vous.

Nous n’avons absolument rien à cacher. Nous sommes dans l’axe permanent et structurant d’une gouvernance sobre, vertueuse et transparente. Maintenant, c’est très facile d’invoquer des situations de mauvaise gouvernance sans pouvoir l’étayer par des preuves. C’est inutile au projet démocratique qui ne prospère que lorsqu’il y a un véritable débat, projet contre projet. Vous prenez le cas du Premier ministre Idrissa Seck : il a beau s’épancher dans la presse, il a beau vadrouiller dans le pays, j’en conclus que son propos est superficiel et sa vadrouille ne vaudra rien. Ce qui reste constant est que les Sénégalais attendent des réponses à deux ou trois questions sur Idrissa Seck : l’authenticité de son parcours universitaire et autres ; jusqu’à présent, les Sénégalais sont traumatisés par l’histoire des chantiers de Thiès parce qu’il a causé ce trauma dans notre pays sur le rapport entre l’argent et la politique. Pour moi, Idrissa Seck est totalement sorti de la tête et du cœur des Sénégalais. Il est superficiel et il n’est pas dans le profil que les Sénégalais ont décidé de porter à la tête du pays. Il leur faut quelqu’un de travailleur, d’honnête, de visionnaire et qui a de l’ambition pour le peuple.

Et Karim Wade ?

Quel que soit le Wade, il sera battu.

Malgré les sommes importantes injectées dans l’éducation et la santé, ces deux secteurs restent instables. Que faire d’autre ?

La structure de notre population et son taux de croissance constituent de vrais défis. C’est ainsi que le Président Sall a consacré à ces secteurs des ressources importantes. Les allocations au secteur de la lutte contre l’ignorance sont passées de 155 milliards en 2011 à plus de 550 milliards en 2018 et destinées à l’éducation nationale, à l’enseignement supérieur et à la formation professionnelle. Aujourd’hui, pour le secteur de l’éducation, les négociations avec les syndicats avancent et laissent augurer de sortie de crise, à la faveur d’un suivi hebdomadaire stratégique assuré par monsieur le Premier ministre et de la décision du Président Sall de porter l’indemnité des enseignants à 85.000 F et la retraite des médecins à 65 ans.

Pourquoi vouloir changer le code électoral ? Pourquoi ne pas augmenter la caution et supprimer le parrainage ?

Nous avons le choix de ne pas ressusciter la démocratie censitaire, nous voulons promouvoir une démocratie citoyenne, qui garantisse l’égalité de tous les citoyens et dans le cadre du parrainage nous mettons fin à la discrimination qui n’imposait le parrainage qu’aux candidats indépendants. Nous voulons faire aujourd’hui le parrainage pour tous et rétablir l’égalité entre tous les candidats à la candidature, d’autant mieux que ce mécanisme est assorti des garanties requises par rapport à notre standard démocratique : la première, c’est la présence du représentant du candidat à la candidature lors de l’examen des listes. Après la décision de l’autorité habilitée à examiner les candidatures, les voies de recours restent ouvertes. On ne sera plus dans la même situation que celle connue par Youssou Ndour et Abdourahmane Sarr en 2012. L’enjeu et le sens de cette réforme, c’est de mettre fin à une discrimination. Lorsque vous écoutez les membres de l’opposition, vous avez l’impression qu’il s’agit d’un changement inacceptable d’une modification du mode de scrutin. Et ils invoquent même la tentative qui a donné naissance au 23 juin 2011. Rien de tout çà. Le parrainage existe bien dans notre dispositif. La proposition du Gouvernement vise à mettre fin à une discrimination, car le parrainage ne concernait que les candidatures indépendantes. Le projet consiste à l’élargir à tous les candidats, avec des dispositifs de transparence, par la présence de représentants des candidats à la candidature lors de l’examen des parrainages et la possibilité de voies de recours après la décision de l’autorité habilitée constitutionnellement à déclarer recevables les candidatures. Donc, le parrainage ne concerne en rien le mode de scrutin qui reste inchangé. De mon point de vue, faire le choix du parrainage citoyen, rendre égales les conditions de la candidature pour tout le monde, me semble constituer des pratiques vertueuses pour une démocratie comme la nôtre, qui n’a aucun complexe par rapport à une autre. Si on n’est pas capable d’avoir 1% d’intentions de soutien de l’électorat, c’est qu’on n’est pas digne d’être dans la campagne présidentielle. Les questions techniques seront réglées par des actes législatifs et réglementaires. Le Sénégal mérite des élections rationalisées et bien organisées, une compétition à bases égales. Il faut marcher au rythme du monde si on veut faire avancer notre démocratie. Il faut respecter les Sénégalais et avoir du respect pour soi-même.

Que pensez-vous de la condamnation de Khalifa Sall à cinq ans ferme ?

Le droit a été dit. Le maire de Dakar et certains agents de la ville de Dakar co-inculpés ont été condamnés non pour des faits politiques mais pour des faits avérés dans le cadre de leur gestion des deniers publics, en l’occurrence, un système de fausse facturation. Il s’est agi du procès de la gestion financière de la ville de Dakar et non du procès Khalifa Sall. A mon sens, c’est une remise à niveau essentielle dans cette affaire utile pour la bonne information des Sénégalais. Il n’a jamais été question d’actes ou de faits politiques qu’ils auraient posés. Le juge ne leur a posé aucune question politique, ni sur leur appartenance politique ni sur leurs activités. Il ne s’est intéressé qu’aux actes de gestion qui n’étaient pas conformes aux prescriptions légales, et aux éléments du dossier. Maintenant, nous avons entendu tout et n’importe quoi sur cette affaire, un candidat qui pourrait faire peur au Président Sall, un procès politique, oubliant les faits et les aveux. En définitive, cette décision rendue en première instance est susceptible d’appel et peut aller jusqu’en cassation puisque telle est la règle dans une affaire de droit commun. Et en l’espèce, malgré la qualité ou le statut des uns et autres, et au-delà de l’émotion et des stratégies de défense, il s’agit d’une affaire de droit commun.

 

Quelle appréciation faites-vous du message du chef de l’Etat adressé à la nation ce 3 avril ?

il a oublié de parler de questions importantes et actuelles. Non, c’est un message essentiel qui cadre bien avec le contexte de notre fête nationale où il faut convoquer la mémoire notre histoire et rendre hommage à nos héroïnes et à nos héros. Le Président a choisi de s’adresser à ses compatriotes sur ce qui fait sens, sur notre avenir en insistant sur la paix la concorde et notre destin commun. C’est la fête de l’Armée et de la jeunesse etil a mis en exergue les perspectives ouvertes pour ces deux segments de notre vie nationale. Le message à la nation du chef de l’Etat n’est pas destiné à faire un bilan: il doit dessiner à grands traits des lignes d’un avenir commun encore plus engageant pour tous et chacun. C’est ce que le Président a fait avec brio car il est fort d un bilan élogieux avec des performances inédites.

La sortie du professeur Batilly ne vous a pas laissé indifférent

Si c’est pour nous rappeler l’archaïsme politique dans l’analyse et le propos, c’est bien réussi et du reste personne n’a oublié sa marque de fabrique. Je comprends bien que pour un candidat qui n’a jamais obtenu 5 %, un parrainage à 1% équivaut à gravir l’Himalaya, mais que l’on soutienne que l’affaire de la ville de Dakar est un procès politique est inacceptable au regard des aveux des personnes condamnées et de la nature même des faits incriminés et jugés. La reddition des comptes est une exigence citoyenne et nous devons tous réussir notre conversion à cette nouvelle idéologie. Je crois que l’un des plus grands combats de la gauche, c’est la défense des plus faibles, des plus précarisés, les populations victimes dans cette affaire et le combat pour la justice sociale. Le Pr Bathily restera une figure importante de notre vie politique mais je pense qu’il se trompe encore une fois.

l’as

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