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Violence d’Etat

FLASHACTU.INFO-À diverses occasions, la violence d’Etat a été utilisée pour réprimer des manifestants qui, au préalable, avaient exprimé le souhait de manifester pacifiquement

La mort de l’étudiant Mouhamadou Fallou Sène, tué mardi 15 mai, lors d’affrontements entre étudiants de l’Université Gaston Berger  (Ugb) de Saint Louis et gendarmes, remet au goût du jour la question de l’utilisation de la violence d’Etat sous le magistère du président Macky Sall. A de nombreuses reprises, il a été noté une répression violente contre des manifestants qui, à la base, voulaient manifester pacifiquement.

Les communiqués et messages de condamnation de partis politiques et d’organisations de la société civile, suite à la mort de l’étudiant Mouhamadou Fallou Sène, fusent de partout. Fauché à la fleur de l’âge lors d’affrontements entre étudiants de l’Ugb de Saint Louis qui réclamaient le versement de leurs bourses, et les gendarmes appelés par le recteur de ladite université, pour sécuriser les restaurants et autres infrastructures, il vient alourdir la liste macabre de la répression policière sur des manifestants. L’on se rappelle de cette journée du 14 août 2014 marquée par de violentes manifestations au campus social de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), qui avait causé la mort de l’étudiant Bassirou Faye, tué par balle. Ce deuxième cas de décès par balle au cours d’affrontements entre forces de l’ordre et étudiants pose ainsi le problème de l’usage de la force légale sous le magistère de Macky Sall. A diverses occasions, la violence d’Etat a été utilisée pour réprimer des manifestants qui, au préalable, avaient exprimé le souhait de manifester pacifiquement.

Pas plus tard que le 24 avril dernier, Amady Touré, élève en classe de terminale au lycée Malick Sy de Thiès a perdu son œil droit avec éclatement du globe oculaire, suite à un projectile qu’il a reçu lors des heurts entre lycéens et forces de l’ordre. La veille, à savoir le 23 avril, c’était un autre élève du lycée Malick Sy, Ousmane Mbaye, en classe de seconde, qui a été grièvement blessé  au nez dans des incidents similaires. A l’origine des heurts, les jeunes apprenants réclamaient la reprise des cours suite à une longue grève des enseignants. Pour disperser les élèves, qui manifestaient sans autorisation, les forces de l’ordre ont eu recours à la force.

LOURD BILAN

Le recours à la répression sanglante contre des manifestants pacifiques a été aussi noté à Ziguinchor contre des enseignants. En effet, la marche nationale initiée à Ziguinchor par le Groupe des six syndicats d’enseignants les plus représentatifs (G6) a été dispersée par la Police à coups de grenades lacrymogènes. Le bilan fait état d’une dizaine d’enseignants arrêtés, sans oublier la violence suivie de blessures sur des personnes sans armes.

Dans ce lot du recours systématique à la violence d’Etat, l’on peut citer la répression violente de la manifestation de l’opposition, regroupée au sein de l’Initiative pour des élections démocratiques (Ied),  le vendredi 9 mars dernier, qui voulait manifester devant le ministère de l’Intérieur. Il en est de même de la marche des chauffeurs de “Taxis clandos” de Mbour, le 16 mars de cette année, qui dénonçaient «la lourdeur et la fréquence excessives des taxes» qui leur sont imposées. Ils se sont heurtés à la détermination des forces de l’ordre. Comme conséquences de ces deux répressions, l’atterrissage des grenades lacrymogènes des forces de l’ordre dans des écoles, notamment à l’école Mame Yacine Diagne de Thionk (centre ville de Dakar), et dans une autre à Mbour. Sans être exhaustif sur les nombreux cas d’usage de la force contre des manifestants, il faut y ajouter le dispositif sécuritaire dissuasif mis en place dans la capitale, le 19 mars dernier, le jour du vote de la modification de la Constitution pour l’introduction du système de parrainage. L’irréparable allait se produire si les populations avaient répondu massivement aux appels à manifestation de l’opposition et de certaines organisations de la société civile, contre le vote de ladite loi. La veille, à savoir le 18 avril, c’est le siège du parti Bokk Gis Gis, sis à la Vdn, qui a été attaqué à tirs de grenades lacrymogènes par la police qui voulait disperser la réunion des membres de la plateforme Pencum Askan Wi. Le moins que l’on puisse dire est que sous le magistère du président Macky Sall, le recours à la répression violente commence à s’ériger en règle. Pour peu, les forces de l’ordre interviennent de manière musclée voire disproportionnée pour disperser les rassemblements.

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