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« Même au 2éme tour, le Pr Macky Sall gagnera les élections présidentielles » Youssou Diallo Pca Sonacos

FLASHACTU.INFO-En 19 ans et trois élections présidentielles, le Sénégal a connu à chaque fois deux tours avant d’élire un président de la république. Mais pour 2019, le président du Club Sénégal Emergent ne voit pas une opposition capable d’amener le candidat sortant au second tour. D’après Youssou Diallo, même dans le cas extraordinaire d’un second tour, Macky Sall a toutes les chances de passer. Le PCA de la SoNACoS se base sur les élections maliennes pour dire que les peuples sont devenus matures et les Sénégalais ne sont pas dupes.

L’AS : Quelles lectures faites vous de l’élection présidentielle malienne qui a vu Ibrahima Boubacar Keita réélu pour un second mandat ?

Youssou Diallo : La première lecture qu’on peut en faire et contrairement à ce que tout le monde pensait, à savoir une défaite au deuxième tour du candidat sortant ne s’est pas produit. Malgré la crise profonde qui sévit au Mali qui est d’ordre sécuritaire et même sociale avec les difficultés socio-économiques. En dépit d’une croissance relativement élevée qui était en train de s’accumuler. En plus, de cela, il y a eu l’opposition qui a tenu un discours très cohérent dans son programme et sa campagne malgré une multitude de candidats, plus d’une vingtaine. L’opposition avait conclu un pacte disant que tous les autres candidats soutiendraient celui qui serait au deuxième tour contre IBK. Cela avait soulevé quelques inquiétudes, mais au final on s’est rendu compte que tout cela a fait long feu. Au premier tour, IBK avait 42% des voix, alors que son adversaire n’en avait que 17. Les deux autres poursuivants avaient entre 8 et 7% tandis que les autres candidats ont récolté entre 3 et 0%, ce qui veut dire qu’il y avait une grande dispersion des suffrages. Au regard de la situation malienne, on s’est rendu compte qu’il y avait une belle participation avec 42% au premier tour et un taux qui a chuté au second jusqu’à atteindre 32%. J’en déduis que les peuples africains y compris celui malien sont devenus mûrs et savent faire une bonne lecture de la situation. Ils savent également que le plus important était en fait l’intégrité et la souveraineté du Mali en tant que Nation, mais aussi République. On sait que ce pays est confronté à un problème de survie. La grande question que tout le monde se pose aujourd’hui est : Est-ce que le grand Mali qui s’étend du fleuve Sénégal jusqu’à la boucle du Niger allait être fragmenté en plusieurs micro-Etats ou microNations. Mais, le peuple malien a pu se lever et faire face aux défis en optant d’abord pour la continuité avec Ibrahima Boubacar Keita qui incarne l’unité nationale. La seconde lecture est qu’en vérité une fois que le candidat sortant serait au deuxième tour, ce serait pour lui le chant du cygne. Dans le camp d’IBK, on parlait d’un coup KO et de l’autre côté, on travaillait de sorte à amener le candidat sortant au deuxième tour pour le battre. Ce qu’on a constaté est que le coup KO n’a pas eu lieu et on a été au deuxième tour mais à la fin c’est l’opposition qui a perdu. On peut dire en se basant sur ces aspects qu’il n’y a pas de fatalité de défaite pour le candidat sortant au second tour pour les présidents au pouvoir. Cela a toujours été le cas ailleurs, mais cette fois-ci on n’a pas assisté à une situation pareille

Et pourtant partout ailleurs en Afrique et au Sénégal plus particulièrement, quand le candidat sortant va au second tour, toute l’opposition fait bloc contre lui. Qu’est-ce-qui explique réellement ce qui s’est passé au Mali ?

Le Mali est un pays peut être particulier. C’est un peuple qui ne veut pas plonger dans l’aventure vu la réalité que les populations vivent. Et avec IBK, on a au moins l’essentiel du Mali qui est là. Ils n’ont pas voulu élire un autre qui ne pourrait pas éviter au pays une dislocation. C’est dans ce sens que le peuple malien a fait son choix, c’est-àdire la continuité, la sauvegarde de l’intégrité du Mali. L’autre chose est que la stratégie tendant à dire tous contre le candidat sortant n’a pas eu les effets escomptés. Au Sénégal, on avait dit tous contre Abdou Diouf et ce dernier est tombé. Il en a été de même pour Abdoulaye Wade en 2012. Les peuples, aujourd’hui, réfléchissent à partir des expériences. Avec l’évolution, on constate qu’il y un groupe d’opposants hégémoniques qui dépassait les 25% des voix. Si on prend le cas de Wade à l’élection présidentielle de 2 000, le candidat du PDS était aux environs de 30%, alors que Diouf en était à 42%. Pour le cas de Macky Sall contre Wade en 2012, le candidat sortant avait 32% et Macky Sall près de 27%. Pour tous ces deux cas, on voit que l’écart n’était pas grand et la marge pour être élu au premier tour était plus de dix points, et pour le Mali, cela n’a pas été le cas. La lecture simple qu’il faut en faire est que si le bloc hégémonique ne franchit pas la barre des 20 à 25%, même en cas de deuxième tour, il sera battu, mais à condition que le candidat du pouvoir obtienne un résultat supérieur à 40% comme IBK. Pour le cas du Sénégal en 2 000, Diouf avait 42%, mais Abdoulaye Wade le talonnait de très près soit un écart de dix points entre les deux. Un résultat qui était jouable pour l’opposition. Dans ces cas de figure, on voit que l’électorat n’est pas opportuniste et quand les électeurs sentent que la chose n’est pas jouable, on constate une désaffection par rapport au deuxième tour. Au Mali, le taux de participation est passé de 44% à 32%, presque 12 à 13% d’abstention entre le premier et le deuxième tour. Cela joue souvent en défaveur de l’opposition. Car, le groupe qui vote en général pour le pouvoir est homogène. C’est le cas de Wade qui, en 2012 même battu avait vu son pourcentage connaître une hausse, de même qu’Abdou Diouf avec 44% au lieu des 42% au premier tour. On se rend compte qu’en dépit de la peur que les candidats sortants ont pour le second tour, il est avéré que le président en exercice, à l’instar de nos élections à venir, il est peu probable que l’élection se joue au deuxième tour

Pourtant tout le monde pense que c’est le contraire qui va se produire vu la situation actuelle du pays.

Même en cas de second tour, le candidat sortant va passer. On voit aisément que parmi les blocs qui existent celui dominant, si on se fie aux résultats des législatives, c’est la coalition que dirigeait Abdoulaye Wade qui avait 19%. Mankoo Taxawu Sénégal était troisième devant le PUR. Actuellement la Coalition Taxawu Sénégal s’est fragmentée avec le groupe autour d’Idrissa Seck et un autre avec Khalifa Sall et de Gackou. Il y aurait aussi le bloc du PDS. On a déjà cinq candidats sans compter toutes les autres candidatures comme celle d’Ousmane Sonko, Hadjibou Soumaré, Pierre Goudiaby, Mame Adama Guèye et bien d’autres s’ils parviennent à franchir l’obstacle du parrainage. L’un dans l’autre, on va vers une élection où on aura une opposition relativement fragmentée avec six à sept pôles. S’ils prennent ce risque, qu’aucun des pôles ne pourra franchir la barre des 20%. Dans ce cas, même en cas de second tour, le président Macky Sall passerait largement. Mais, au regard de la situation actuelle et avec les 49% qu’avait la coalition Benno Bokk Yakaar, on voit toujours que la majorité a un bonus électoral par rapport aux autres candidats qui est de 5%. Ajoutés aux 49% obtenus par BBY aux dernières législatives, on serait à 54% au premier tour. Par contre, de l’autre côté, au lieu d’avoir un bloc d’opposition qui pourrait récolter 20 à 25 %, nous avons un groupe totalement disloqué, ce qui risque de pénaliser les adversaires du candidat sortant. Même dans un cas extraordinaire d’un second tour, le président Sall a toutes les chances de passer. Les élections maliennes sont un véritable miroir pour la lecture de la prochaine présidentielle au Sénégal.

Donc on peut voir le même cas se produire au Sénégal, en 2019 ?

Bien sûr, parce que les peuples dans la sous-région ont eu assez de maturité et ont vécu l’expérience du «tous contre le candidat sortant» ainsi que les résultats que cela a produit. Il y a de plus en plus une prudence de l’électorat par rapport à ses choix. Ici, en dépit de toute l’unité qu’il y avait autour de l’adversaire d’IBK au second tour, car on pensait tous que Soumaila Cissé sortirait largement devant le candidat de l’opposition et allait avoir au moins plus de 25%, mais cela n’a pas été le cas. Aujourd’hui, je me demande quel est le candidat au Sénégal qui a le statut de Soumaila Cissé, vu les foules qu’il a drainées lors de sa campagne très bien menée avec une démarche extraordinaire sans compter la campagne de communication. Je ne vois pas un candidat de la trempe de Cissé dans notre pays. Ceux à qui on pense être les mieux placés sont absents du terrain. Et en termes d’opposition, on n’a pas d’opposants qui sortent de Dakar. On a une opposition plus médiatique q u ’ o r g a n i s a t i o n n e l l e . Personnellement, l’élection malienne me conforte à l’idée que la présidentielle de février ne va pas être difficile pour le candidat de BBY ;

Pour vous rien ne peut empêcher le président Sall de passer au premier tour malgré les difficultés tel que le problème de l’eau que vivent les populations depuis plusieurs mois ?

C’est vrai qu’il y a des problèmes d’eau comme à Dakar, mais c’est structurel et est sur le point d’être réglé. Le problème le plus dur que le régime est confronté reste celui de l’emploi des jeunes, c’est une affaire sérieuse. Ce n’est pas par hasard que le président de la République, en plus des autres structures créées pour faire face à ce problème, a mis en place la Délégation à l’Emploi Rapide (DER). C’est une politique à la mesure du défi de l’emploi qui existe dans notre pays. Certes il y a des difficultés, mais les Sénégalais, à travers la pédagogie du président Macky Sall en disant que les problèmes ne vont pas être réglés en l’espace d’un mandat, a mis en place le Plan Sénégal Emergent sur 20 ans (2014-2035). Je pense que le peuple sénégalais à l’image des Maliens n’est pas dupe. Devant une opposition éclatée et sans leadership comme Abdoulaye Wade l’était en 2 000, les conditions politiques d’une alternance ne sont pas réunies. En plus, il n’y a pas un discours qui est construit et structuré. En dehors de Malick Gackou qui parle de PASS, on ne voit pas un autre qui propose quelque chose aux Sénégalais.

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