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Blocage du Fuel de la Sar- Le Sénégal frôle le black out

FLASHACTU.INFO-N’eut été «Total» qui a déchargé hier sa cargaison de fuel, les vieux démons des longues coupures de courant se seraient réveillés. Depuis quelques jours, le Sénégal est sous la menace de délestages à cause d’une pénurie des produits pétroliers. La Société africaine de raffinage (Sar), faute de lettre de crédit, éprouve énormément de difficultés à décharger sa cargaison de fuel actuellement au large des côtes sénégalaises.

Le Sénégal fait face à des risques énormes de pénurie de produits pétroliers, ce qui pourrait entrainer des délestages, faute de jus pour la Senelec. Depuis deux jours, la société d’électricité fait face à une rupture de stocks de fuel. Selon le secrétaire général de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal/Forces du changement (Cnts/Fc), qui a tenu à alerter l’opinion, le bateau qui devait apporter le fuel est arrivé à Dakar, mais malheureusement les importateurs avaient du mal à payer. Cheikh Diop soutient que c’est de justesse que «Total» est parvenu à décharger la cargaison de fuel qu’elle avait commandée. Au même moment, confie le syndicaliste, la cargaison dédiée à la Sar est toujours au large des côtes sénégalaises, faute de lettre de crédit. «Si Total n’avait pas déchargé sa part aujourd’hui (Ndlr : hier), il n’y aurait plus de fuel pour la Senelec, donc plus d’électricité à partir de demain (Ndlr : Aujourd’hui). La Sar peine toujours à décharger sa part de cargaison. Jusqu’au moment où je vous parle, la Sar n’arrive pas encore à rassembler les crédits nécessaires pour décharger sa cargaison», a expliqué Cheikh Diop.

LA SAR CROULE SOUS LE POIDS DE LA DETTE

Revenant sur l’origine de cette situation déplorable, Cheikh Diop renseigne que le Fonds de soutien à l’énergie (FSE) doit énormément d’argent à la Sar et aux importateurs tels que Total et autres, au point que ces derniers ne peuvent plus importer. «Le FSE doit un cumul de 140 milliards Fcfa aux importateurs, 100 milliards Fcfa à la Sar et près de 40 milliards à Total et aux autres importateurs). Il faut dire que l’Etat a bloqué les prix à la consommation. Nous apprécions cet acte mais, en retour, nous voulons que l’Etat rembourse les importateurs qui ont des pertes commerciales.

L’Etat s’est engagé à les rembourser par le biais du FSE. Mais ce mécanisme de remboursement ne joue pas son rôle. Aujourd’hui, la situation est telle que les importateurs comme la SAR et d’autres importateurs comme Total et autres sont à un niveau d’endettement tel qu’ils ne peuvent plus assurer l’approvisionnement du fuel.» Conséquence, selon le syndicaliste, la Senelec n’avait qu’un stock de deux jours de consommation de fuel avant que Total ne sauve la face. Sinon, dit-il, on aurait assisté à des coupures d’électricité dans le pays en pleine période de Magal et de canicule. Il renseigne par ailleurs que cette situation est en train d’impacter les négociations du secteur du pétrole. «Les négociations sur la convention du pétrole sont bloquées parce que les employeurs ne peuvent plus avancer, à cause de la perte qu’ils trainent et qui n’est pas compatible avec la satisfaction de leurs revendications», a-t-il indiqué.

Par ailleurs, le secrétaire général de la CNTS/FC estime que la défaillance ne se situe nullement au niveau de la Senelec et précise que ce sont les produits pétroliers qui n’arrivent pas à bon port. La responsabilité se situe, selon lui, au niveau du FSE géré par le ministère de l’Economie et des Finances. «C’est le ministère de l’Economie et des Finances, par le biais du FSE, qui ne rembourse pas les pertes commerciales dues aux importations de produits pétroliers ; alors que l’Etat s’était engagé à les rembourser pour assurer l’approvisionnement du pays ». Cela dit, Cheikh Diop indique qu’il ne peut pas rester les bras croisés, en tant qu’acteur social, sans alerter. Surtout que, souligne-t-il, une pénurie d’électricité entraine un coup d’arrêt de l’économie du pays. « Aujourd’hui, on n’est pas loin de cette situation», ajoute-t-il, avant de noter que d’autres produits pétroliers importés, comme le super, sont également concernés.

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